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Plan d'aide aux banques espagnoles , les investisseurs s'impatientent

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Le plan de 100 milliards d'euros décidé samedi pour aider les banques espagnoles ne sauvera pas l'Espagne pour autant. Beaucoup de questions restent sans réponses.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Redonner des moyens aux banques pour financer l'économie réelle et assurer la reprise n'est pas absurde en soi (l'Espagne, quatrième économie de la zone euro, vient de retomber en récession et le chômage touche près de 25% de la population active). Mais il faudra veiller à ce que le serpent ne se morde pas la queue une nouvelle fois. Si le gouvernement renfloue les banques pour que les banques renflouent le gouvernement... cela n'aura servi à rien. L'ancien prix Nobel d'Economie Joseph Stiglitz parle d'ailleurs d'économie " vaudou " qui se cannibalise. Et puis il y a une ambiance de cafouillage. Alors que l'on présentait samedi le sauvetage des banques ibériques sans contreparties, hier la Commission européenne a déclaré que des représentants de Bruxelles iraient finalement à Madrid pour s'assurer de la bonne utilisation des fonds. On a entendu tout et son contraire en l'espace de 48 heures. Pas très sérieux dans le contexte actuel de crise !

Pourquoi cette impression de ''cafouillage'' ?

On est allé un peu vite en besogne pour saluer ce plan d'aide alors que les investisseurs en attendent toujours les modalités. Quelles seront les échéances de l'emprunt offert aux banques espagnoles et, surtout, à quel taux d'intérêt ? Pas plus tard qu'hier, Madrid a emprunté sur les marchés à un taux très élevé compris 6,3 et 6,4%. L'Eurogroupe pourrait prêter à environ 3%. Ca serait mieux mais rien n'est encore formalisé. En réalité, l'un des principaux points d'achoppement est de savoir si c'est le Fonds Européen de Stabilité Financière qui va tenir le rôle de prêteur ou le Mécanisme Européen de Stabilité dont la naissance est prévue début juillet.

Qu'est-ce que cela change exactement ?

Dans l'hypothèse – certes extrême – d'une restructuration de la dette espagnole, le FESF serait logé à la même enseigne que les autres pays prêteurs pour récupérer sa mise. Par contre, si c'est le MES qui sert d'organisme relai, c'est une autre affaire. Les prêts consentis par le Mécanisme Européen de Stabilité seront considérés comme remboursables en priorité au dépend des autres pays créanciers. C'est cela qui inquiète les marchés car les investisseurs seraient servis après le MES. Chercher à protéger les pays européens c'est bien mais les prêteurs hors Europe ne l'entendent pas de cette oreille.

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