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Pauvreté des européens, outil marketing ?

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L'Europe va-t-elle devoir faire face à une pauvreté galopante ? La " thèse " est défendue par le géant de l'agroalimentaire et des cosmétiques anglo-néerlandais UNILEVER. Comment faut-il interpréter ces déclarations ?
Article rédigé par
Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Tout est bon pour communiquer autour des questions du
pouvoir d'achat. Selon le responsable Europe d'Unilever, la pauvreté est en
train de revenir sur le Vieux Continent et il est temps pour le groupe
d'adapter sa stratégie à la demande. Décidément, UNILEVER ne manque pas une
occasion de faire parler de lui... après l'émoi suscité en France par la
fermeture de l'usine Fralib de Gémenos, voilà que le groupe d'Europe du Nord
dévoile au grand jour, sans aucun scrupule, l'idée qui anime ses spécialistes
en marketing. UNILEVER, vous et moi en consommons probablement tous les
jours : UNILEVER, vous et moi en consommons
probablement tous les jours : après un brin de toilette avec le savon
DOVE, il nous arrive de faire la lessive avec un soupçon de CAJOLINE, avant de
déguster une soupe KNORR et de conclure par un dessert crème glacée MAGNUM. Toutes
des marques proposées par le géant anglo-néerlandais qui dit vouloir s'inspirer
désormais en Europe des méthodes utilisées dans les pays en développement :
vendre des produits meilleur marché car proposés en plus petit conditionnement.

Le groupe utilise déjà cette pratique en Espagne...

L'Espagne en crise... l'Espagne en pleine inflation... de
pauvreté ! C'est vrai, Unilever a commencé à distribuer dans la péninsule
ibérique de petits paquets de lessive limités à cinq machines. Petit
conditionnement pour petit budget... c'est le nouveau crédo commercial. Loin de
toute philanthropie, plus les prix sont bas, plus le client afflue, plus le
chiffre d'affaire se développe. Rien de plus normal... mais nous voilà face à
l'une des dernières trouvailles commerciales : précéder la demande du
consommateur en lui proposant une offre encore mieux adaptée à la conjoncture.

***Cette position prise par Unilever est-elle partagée par les
enseignes de la grande distribution ?... en France, par exemple, qu'en-dit-on ?


Du
côté de Carrefour, le nouveau patron Georges Plassat dont nous parlions
ici même hier, dit ne " pas aimer " les déclarations du
responsable d'Unilever car elles stigmatisent l'Europe qui bénéficie encore
d'un pouvoir d'achat confortable par rapport à d'autres régions du monde. Il
réfléchit bien, lui aussi, à une diminution de la taille des produits pour en
réduire le prix. Mais un plus petit conditionnement pour une étiquette plus
petite... pas sûr que le consommateur s'y retrouve au final. Quelle que soit la
taille de l'article, une baisse de prix à l'unité peut en effet cacher une
hausse des tarifs au litre ou au kilo. Attention de bien lire les étiquettes...
entre crise et velléités marketing de certains distributeurs, la vigilance du
consommateur européen doit être, plus que jamais, proportionnelle à sa...
"pauvreté".

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