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Lutte contre le chômage, l'Allemagne est-elle le modèle à suivre ?

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Le chômage en France a atteint en 2011 un niveau record, jamais vu depuis 12 ans. Une tendance mal venue en cette période de campagne électorale.
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Radio France
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Je vous rappelle les principaux chiffres : 1% de hausse en décembre, +5,6% sur l’ensemble de 2011 avec un nombre total de 4 millions 530.000 demandeurs d’emplois Départements d’Outre Mer compris. Ce record est dû en partie aux licenciements économiques engagés l’année dernière. Et je ne parle pas des Lejaby, Pétroplus et autres 3 Suisses qui figureront plus tard dans les statistiques. Sauf miracle, le chômage ne peut que continuer à progresser dans les prochains mois car il faut ajouter la récession que l’Europe s’apprête à vivre.

A propos d’Europe et de politique pour l’emploi, l’Allemagne est présentée comme la meilleure élève et la France voudrait s’en inspirer.

On verra ce que le Président de la République annoncera dimanche soir lors de son intervention télévisée… mais suivre le modèle allemand soulève un vrai débat. Certes, l’Allemagne, aujourd’hui, c’est un taux de chômage de 7%. La réforme initiée par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder en 2005 est passée par là avec la "flexibilité". Cette réforme est aujourd’hui contestée, notamment par l’Organisation Internationale du Travail. L’OIT voit dans la politique allemande de compétitivité la cause structurelle de la crise de la zone euro : grâce à la chute des coûts du travail depuis dix ans (essentiellement dans les services et les nouveaux emplois), l’Allemagne a pu exporter à bon compte au détriment de ses partenaires européens qui n’ont pas suivi la même politique salariale.

Vous voulez dire que le salarié allemand est actuellement sacrifié sur l’autel de la compétitivité ?

Au risque d’utiliser un raccourci encore plus fort, on peut dire que la politique initiée par SCHROEDER en 2005 permet aujourd’hui à l’aspirant au travail allemand – même dans les rangs les plus défavorisés – de trouver plus facilement un emploi que son homologue français... mais, c’est vrai, souvent à un salaire moins élevé. Il ne faut pas croire que cela ne fait pas débat outre-Rhin. Bien au contraire. Les dissidents à cette stratégie (syndicalistes, économistes et politiques) y sont de plus en plus nombreux. L'heure n'est plus de savoir s'il faut copier ou non le système allemand mais comment harmoniser les politiques sociales en Europe. Entre Strasbourg et Bruxelles, on est en train de négocier un nouveau traité européen. C'est sur ce terrain qu'il faut avancer.

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