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Le groupe nucléaire Areva mise sur un nouveau plan stratégique

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La direction du groupe nucléaire Areva présente aujourd’hui son plan stratégique pour les prochaines années. On s'attend à l'annonce de mesures financières et sociales les plus sévères depuis 10 ans.
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Radio France
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Dix ans, cela nous renvoie à 2001, l’année de création d’Areva, issu de la fusion entre Framatome et CEA Industries, la branche industrielle du Commissariat à l’Energie Atomique. A l’époque, le rapprochement avait été initié par Anne Lauvergeon… Anne Lauvergeon remplacée par Luc Oursel au mois de juin dernier. Changement de patron, changement de stratégie ? Changement d’époque et de contexte surtout ! Indépendamment du débat politique de ces derniers mois en France autour de l'atome, le nucléaire n’est plus ce qu’il était avant Fukushima. Il faut tirer un trait sur les années passées et repartir sur des bases nouvelles... c’est ce qu’explique aujourd’hui Luc Oursel devant le Conseil de surveillance d’Areva puis devant les salariés du groupe, avant la presse demain.

Les comptes d’Areva ne sont pas au meilleur de leur forme… le groupe devrait afficher une perte d’un milliard d’euro cette année… pourquoi ?

D’abord, en raison d’une charge exceptionnelle d’environ 1 milliard d’euros liée aux effets directs de Fukushima sur le plan commercial et de sécurité. Ensuite, Areva doit assumer ce que l’on appelle une dépréciation d’actif. En 2007, le groupe avait acheté pour près de 2 milliards d’euros la société canadienne URAMIN (qui gère des mines d’uranium en Namibie). Depuis, l’investissement a perdu 80% de sa valeur (à ce jour, le minerai vaut moins de 60 dollars la livre contre 140 dollars au moment de l’acquisition). Fut-ce une erreur stratégique d’Anne Lauvergeon accusée d'avoir agi seule, sans prévenir ses collaborateurs dont Luc Oursel, à l'époque numéro 2 ? Argument difficilement recevable à partir du moment où l'Etat avait donné son aval à l'opération.

Quelles seront les conséquences de ces coupes financières ?

Elles devraient être avant tout sociales avec la suppression d’emplois en Allemagne. Le pays de Goethe paierait ainsi le tribu de l’abandon par le gouvernement Merkel de l’énergie nucléaire (sept réacteurs sont déjà à l’arrêt outre Rhin). La seule réduction d’effectifs en Allemagne devrait permettre à Areva d’économiser 750 millions d’euros par an jusqu’en 2015. Parallèlement, le groupe dément tout projet de licenciements en France (de récentes rumeurs évoquaient un plan touchant quelque 1200 postes dans l’hexagone).

Existe-t-il une porte de sortie de crise pour Areva ?

Le groupe pourrait poursuivre les cessions d’actifs (Areva détient aujourd’hui encore 26% du groupe minier ERAMET… que faire de cette participation ? A l’Etat de se prononcer… il détient 87% d'AREVA). Et puis, malgré les déboires du réacteur nouvelle génération EPR, l'activité continue... : Areva va fournir des systèmes de contrôle pour les nouveaux réacteurs chinois de Tianwan... le carnet de commande comprend également la rénovation de systèmes de gestion de 20 réacteurs exploités par EDF. Le métier de base est sauvegardé.

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