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Le Crédit Immobilier de France ne sera bientôt plus

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L'Etat a décidé de voler au secours du Crédit Immobilier de France incapable de faire face à des besoins de trésoreries. Va-t-on assister une nouvelle fois à la faillite retentissante d'une banque avec les lourdes conséquences que l'on imagine ?
Article rédigé par
Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Non pour la faillite mais c'est un épisode dont, à la fois
le gouvernement et le secteur bancaire, se seraient bien passé. Le Crédit
Immobilier de France a été créé en 1908 pour aider les particuliers – en
l'occurrence les ménages les plus modestes – à contracter des prêts
immobiliers. Le réseau s'est progressivement mué en financeur de construction
de logement social, avec une particularité : contrairement aux banques
traditionnelles, le Crédit Immobilier de France ne dispose pas de dépôts mais
emprunte sur les marchés pour prêter ensuite aux particuliers. L'encours de
crédit des 300 agences de la banque s'élève aujourd'hui à 33 milliards d'euros,
mais crise oblige – qui plus est, avec de sérieux errements de gestions au
cours des dernières années – l'établissement ne trouve plus prêteur à des taux
intéressants. Le modèle financier de l'établissement est devenu caduc.

D'ailleurs, la semaine dernière, l'agence MOODY'S a dégradé
la note du Crédit Immobilier. Qui dit dégradation, dit emprunt plus cher... une
véritable spirale infernale !

D'où l'intervention de l'Etat qui a sifflé la fin de la
partie en plein milieu du week-end : hors de question pour l'Etat de supporter
une nouvelle déroute comme celle de DEXIA. Concrètement, l'Etat ne va pas
recapitaliser mais apporter sa garantie au Crédit Immobilier  de France à hauteur de 4 milliards et demi d'euros
(d'autres estimations disponibles ce matin parlent de 20 milliards). Mais cela
ne créera pas de trou dans les comptes publics. Les emprunteurs particuliers
vont continuer à rembourser et, quoi qu'il arrive, les emprunts sont des
produits garantis, assurés en quelque sorte. Le contribuable sera donc épargné.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'y engage.

Et quel est l'avenir du Crédit Immobilier de France ?

Ces
derniers temps, l'Etat a essayé de lui trouver des repreneurs ou, à défaut, de
l'adosser à d'autres structures mais il a fait chou blanc, jusqu'à la Banque
Postale qui dispose pourtant d'importantes liquidités. Déjà sollicitée pour
sauver DEXIA, la banque de La Poste a dit non. En réalité, le Crédit Immobilier
de France va s'étendre à petit feu. Il ne va plus accorder de nouveaux prêts. L'une
des pistes les plus probables est la vente des différentes activités par
appartements (promotion immobilière, administration de bien, promotion et
services), le groupe immobilier NEXITY pourrait être intéressé. Maintenant, il
va falloir trouver rapidement une solution, pour la partie financement du
logement social et les 2500 salariés du groupe qui ne savent toujours rien de
leur avenir. Quant aux banques en général, nul doute que ce nouvel épisode va
faire du secteur une cible privilégiée des pouvoirs publics avec à la clef
encore plus de contrôle et de régulation.

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