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La France est-elle menacée de récession ?

La France est-elle menacée de récession, oui ou non ? La nouvelle tension évoquée hier par l’agence de notation MOODY’S concernant le AAA de la France continue d’alimenter les interrogations.

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Question légitime, effectivement. Mais ne comptez pas sur
moi pour crier avec les loups et dire que le triple A est, à tout jamais, perdu
pour la France. Et, je dirais : quand bien même ? Car, au fond, que
représente cette note, ce triple A, si ce n’est un foulard rouge agité devant
l’opinion par des agences de notations privées en mal de reconnaissance et de
crédibilité depuis leur catastrophique analyse de la crise de 2008/2009 ?
Si on pousse le raisonnement à son paroxysme, pourquoi ne pas créer une agence
de notation pour évaluer les compétences des MOODY’S et autre STANDARD AND
POOR’S ? Bref. Loin de tout objectif mercantile, il semble important, dans
le contexte actuel,  de donner à
l’opinion de véritables clefs de lecture de l’économie. Cette économie qui
imprègne notre quotidien.

Permettez-moi de vous ramener à la
question initiale : la France est-elle menacée de récession ?

D’abord : quelques éléments de langage. Il y a
récession lorsque la croissance économique d’un pays est en repli (ou, si vous
préférez : est négative) durant deux trimestres consécutifs. Est-ce le cas de
l’économie française aujourd’hui ? Non. Est-ce que ce sera le cas
demain ? Pour l’instant, rien ne permet de le dire, seule certitude : nous
sommes aujourd'hui sur le fil du rasoir. Concrètement : la seule
croissance négative annoncée par l’INSEE pour 2011 concerne le deuxième
trimestre (entre avril et juin, le PIB a reculé de 0.1%). Mais sur le trimestre
suivant (juillet à septembre), on a fait mieux que prévu : + 0.4% au lieu
des 0.3 attendus. Ce fut un jeu à somme nulle mais on ne peut pas parler de
récession.

Et que doit-on attendre des prochains mois ?

Là, c’est l’incertitude. Si récession il doit y avoir, elle
pourrait intervenir entre les mois d’octobre 2011 et mars 2012. Et cela
tomberait à la veille de l’élection présidentielle. Pas de chance pour le
probable candidat sortant Nicolas SARKOZY : les économistes estiment que
la croissance du quatrième trimestre 2011 sera négative (production
industrielle en baisse, secteur du bâtiment en berne). Les mauvaises nouvelles
conjoncturelles s’accumulent cet automne... à quoi il faut ajouter les
prévisions d'un hiver plutôt modéré donc moins consommateur d'énergie. Vous me
direz : tant mieux... c'est bon pour l'environnement... c'est vrai, mais une
moindre consommation d'énergie pèse sur ce que l'on appelle la macro-économie.
Reste à savoir ce qu'il en sera concrètement du premier trimestre 2012... les prévisionnistes
s'attendent, au mieux, à une croissance nulle, voire en légère hausse. Le pire
pourrait donc être évité.

Cela suffira-t-il pour conserver notre "triple A"
?

Si on parvient à éviter la récession, on devra de toute façon se
contenter d'une croissance 0, ce qui rendra d'autant plus difficile les efforts
budgétaires. Le chômage risque de continuer sur sa lancée, or, moins d'emplois,
cela fait moins de rentrées d'argent pour l'Etat et moins de pouvoir d'achat
pour les Français. Aujourd'hui, on peut se reposer sur une économie mondiale
qui, quoi qu'on en dise, n'est pas si déprimée... entre risque de récession et
menace sur le triple AAA, il est grand temps de rendre nos entreprises plus
compétitives pour aller gagner les parts de marchés où elles se trouvent.

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