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La crise entre l'Iran et l'Occident monte d'un cran

Les Européens pourraient bientôt imposer un embargo sur l'achat de pétrole iranien. En réponse, Téhéran menace de bloquer le détroit d'Ormuz par lequel transite près de la moitié du trafic maritime mondial de brut. Cette fois, la situation semble particulièrement tendue.

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L'Iran est le deuxième producteur de brut au sein de l’Opep avec 2,4 millions de barils produits par jour. Sans pétrole, l'Iran est un pays mort... l'or noir y est donc une arme de pression diplomatique et économique importante. Hier, les pays membres de l'Union européenne ont trouvé un accord de principe pour imposer un embargo sur l'achat de pétrole iranien si Téhéran ne s'engage pas à être plus transparent sur son programme nucléaire. Les 27 se prononceront officiellement sur cet embargo le 30 janvier prochain... s'il entrait en vigueur, il s'ajouterait à une autre décision prise par les Etats-Unis : geler les avoirs de toute institution financière étrangère qui commercerait avec la Banque Centrale iranienne.

Guerre froide, diplomatique mais surtout économique.

La loi que les Etats-Unis menacent d’appliquer dans les six mois représente un vrai pouvoir de pression sur Téhéran... toutes les transactions passant par la banque centrale iranienne devraient être soumises à l’aval de Washington. Les premières conséquences se font sentir : la monnaie locale, le rial, a déjà perdu 40% de sa valeur et des observateurs de retour de Téhéran ces derniers jours ont constaté une certaine panique dans les milieux d’affaires et la population. In fine : l’objectif est non pas de renverser le pouvoir iranien qui (contrairement à beaucoup de pays qui ont connu le printemps arabe) bénéficie aujourd’hui d’une base populaire solide, mais d’obtenir de Téhéran les réformes nécessaires pour se rapprocher de l’occident et contraindre le régime en place d’aboutir à un dialogue plus rationnel sur les questions nucléaires.


Quelles répercussions ce blocus peut avoir sur le plan économique international ? *

La première interrogation concerne la livraison de brut aux économies développées. Pour l’Europe : les plus gros consommateurs  (Grèce, Espagne, Belgique et Italie) pourraient trouver des solutions alternatives en Arabie saoudite mais limitées dans le temps. Concernant les relations commerciales, la France aurait peu à perdre... les seuls intérêts français y sont représentés par Renault et PSA dans l’automobile... quelques groupes de l’agroalimentaire... même Total n'est plus présent sur le sol iranien. La conséquence la plus lourde serait un renchérissement des prix du brut, mal venu en cette période de crise, avec, pour les particuliers, les répercussions rapides sur les prix du carburant à la pompe. Le baril de pétrole flambe déjà à New York et Londres. Son prix est au plus haut depuis le mois de mai.

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