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La bourse de Milan perd ce jeudi 5%. A cause de la déroute des banques ?

Les marchés financiers se sont un peu repris mercredi 10 février en Europe. Mais dans la déroute de ces derniers jours, on a vu apparaître un nouveau sujet d’inquiétude : la situation des banques européennes

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(Illustration prétexte © Fotolia)

La reprise constatée hier ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Depuis le 1er janvier, les valeurs bancaires ont perdu plus de 27% en bourse, du jamais vu depuis août 2011, nous étions alors en pleine crise.

De part leur activité, les grandes banques commerciales sont au cœur du financement de l’économie. Les opérateurs se disent que la crise du pétrole, le ralentissement en Chine, et plus largement l’atonie mondiale, vont bien finir par peser sur leurs comptes.

Ajouter à cela les nouvelles réglementations prudentielles et, dernière mode, les taux d’intérêts négatifs.

Quand une banque commerciale va déposer des liquidités dans les coffres d’une banque centrale (la BCE par exemple), ces dernières ne rémunèrent pas les dépôts mais les taxent pour inciter les banquiers à réinjecter l’argent dans le crédit.

Ces ponctions de taux négatifs grèvent les marges des banques.

Les regards se tournent particulièrement vers les banques italiennes et la Deutsche Bank

 Pour d'autres raisons. Les banques italiennes d’abord : le chiffre qui circule situe entre 200 et 250 milliards d’euros le montant de leurs créances douteuses.

Rome est en train de créer ce que l’on appelle une "bad bank", littéralement une "mauvaise banque" (en langage policé on parle de  "structure de défaisance") pour gérer ces actifs pourris.

Souvenez-vous du CDR – le Consortium De Réalisation – créé en France pendant l’affaire Crédit Lyonnais : on monte de toutes pièces un organisme qui récupère les produits vérolés d’une banque pour en alléger le bilan… c’est ce qu’est en train de faire l’Italie.

 

Et puis il y a la Deutsche Bank, la première banque allemande. C’est… du très lourd !

Il suffit d’ouvrir la presse allemande pour s’en convaincre. Le Süddeutsche Zeitung titre "la peur est revenue" ; le Handelsblatt parle de "tremblement de terre dont l’épicentre serait la Deutsch Bank".

Outre la kyrielle de batailles judicaires dans laquelle elle est engagée, pourquoi la première banque allemande change de patrons et de chefs tous les deux ans ?

Pourquoi cette banque d’affaires se sent régulièrement obligée de monter au créneau pour rassurer la communauté financière sur ses capacités à rembourser certaines de ses dettes ?

Selon la presse américaine – dont le très informé Financial Times –, l’établissement aurait émis pour 50 milliards d’euros de dette senior qu’il lui faut aujourd’hui rembourser.

 

A défaut de cataclysme, il y a anguille sous roche

Aux yeux des marchés, cela ne fait aucun doute. Les opérateurs veulent en avoir le cœur net et mettent la pression, ce qui explique le tangage des bourses européennes ces derniers jours.

La Deutsch Bank n’est autre, finalement, qu’une banque d’affaires américaine de part ses activités internationales, très implantée outre-Atlantique et à Londres…

Son modèle économique est est-il viable ? A John Cryan d’y répondre. C'est le est patron de la Deutsche Bank depuis un an, et c’est un… britannique. Tout un symbole.

(Illustration prétexte © Fotolia)