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Iran, l'eldorado économique

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L'Iran et les grandes puissances internationales ont conclu un accord pour contenir le programme nucléaire de Téhéran. On a beaucoup parlé de la dimension diplomatique de ce dossier, mais la dimension économique est également très importante.
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Radio France
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Cet accord marque le retour de l'Iran sur la scène économique internationale. C'est l'un des événements les plus importants depuis l'intégration du bloc de l'Est et la chute de l'empire soviétique. N'oublions pas que l'Iran est la troisième réserve pétrolière mondiale. Et puis il y a le gaz. A l'heure de l'énergie toujours plus chère, l'accès aux vannes iraniennes est devenu crucial. Pour les Etats-Unis, bien sûr, mais aussi l'Europe. De l'autre côté de l'Atlantique, le coût énergétique industriel est déjà 70% moins cher que sur notre continent. A terme, c'est donc la compétitivité européenne qui est en jeu. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt : le gaz iranien est une opportunité pour l'ensemble des pays européens. S'en priver serait accepter de rester sous la coupe du russe Gazprom qui est aujourd'hui notre principal - si ce n'est quasi-unique - fournisseur.

Et qu'en est-il du marché intérieur iranien ?

Et bien là aussi, c'est un appel d'air qui devrait se produire, une fois que les sanctions en tous genres - y compris psychologiques - seront levées. Selon Ardavan Amir-Aslani, avocat d'affaires internationales, auteur du livre intitulé "Iran / Etats-Unis, l'après Ahmadinejad" (Ed. Pierre-Guillaume de Roux), entre 120 et 150 milliards de dollars de projets d'investissements sont gelés depuis deux ans sur le sol iranien en raison des sanctions. Autant d'investissements perdus pour les entreprises européennes. Les diplomates le savent mais la pression sur ce pays du Moyen-Orient était nécessaire. L'Iran va donc devenir un eldorado... reste à savoir si les entreprises françaises seront bien placées. La France et l'Iran, c'est une vieille histoire sur le plan des relations économiques : nous y sommes présents dans les secteurs agroalimentaire, pharmaceutique et automobile... Renault y assemble des Logan et des Megan en partenariat avec des constructeurs locaux. Peugeot a quitté le pays il y a deux ans. Quatrième partenaire commercial du pays dans les années 2000, la France est passée en 15ème position. Nos exportations vers cette république islamique ont chuté de 70% pour passer de 2 milliards à 800 millions d'euros.

Nombreuses opportunités dites-vous... la France est-elle toujours bien placée ?

Nous partons avec du retard. Dans le secteur automobile par exemple, il est avéré que GENERAL MOTORS a déjà envoyé à Téhéran des commerciaux avec passeports autres qu'américains pour tailler des croupières à Renault et... PSA, justement partenaire de GM en Europe. Ce n'est pas la théorie du complot, c'est la vie des affaires, le business.
De plus, le fait que Paris cherche à apaiser les monarchies pétrolières du Golfe persique et Israël n'est pas vu d'un bon œil en Iran. Les velléités industrielles de la France sont nombreuses dans ces régions : nucléaire civil, transport ferroviaire, avions militaires, etc...
L'Iran revient sur la scène internationale mais le sentiment d'aigreur à l'égard de la France y est important. Du travail en perspective pour la "diplomatique économique" si chère au ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

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