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Internet : la France a la fibre du très haut débit

Les abonnements à internet très haut débit via la fibre optique continuent de progresser en France. L'ARCEP, l'Autorité de régulation des télécoms, vient de publier son Observatoire annuel. Il est plutôt encourageant

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(© Maxppp)

La fibre optique, c'est ce qui remplace progressivement le cuivre pour transmettre plus rapidement les données informatiques. Fin mars, l'ARCEP recensait au total 2 millions 200.000 abonnements au ‘THD’, le très haut débit, en hausse de 30% sur un an. Sur ce total, le nombre d'abonnements via la fibre a progressé de 70%.

2 millions 200.000 abonnements très haut débit, cela semble assez peu par rapport à la masse globale de la population

C'est vrai mais les opérateurs réalisent déjà de lourds investissements. 11 millions et demi de logements sont désormais éligibles au très haut débit grâce au réseau passant dans les rues, dont trois millions via des offres FTTH (FTTH veut dire en anglais Fiber To The Home. Dans ce cas, la liaison va jusqu'à l'habitation où la répartition se fait ensuite par Wifi ou câble éthernet).

C'est un dossier très lourd à tout point de vue. L'objectif est de réduire la "fracture numérique" : faire en sorte que le maximum du territoire puisse être équipé (du cœur des grandes villes jusqu'au villages et les zones les plus reculés). Il est évident que la fibre ne peut pas aller partout, ou alors nécessiterait des investissements non rentables pour les opérateurs.

Qui doit payer pour toutes ces installations ?

Et bien c'est le nœud du problème. Les opérateurs téléphoniques bien sûr mais aussi l'Etat et les collectivités. D'un côté, les opérateurs qui ne veulent pas investir à perte dans les zones dites "blanches" moins rentables, et de l'autre, l'Etat dont les marges budgétaires sont de plus en plus serrées. Sans compter avec la réforme des collectivités territoriales qui pourrait changer encore la donne, tant en termes de financement que de responsabilités.

Pendant la campagne pour l’élection présidentielle, François Hollande s'était engagé avec le Plan Très Haut Débit et pour l'heure, à Bercy, on indique que les engagements seront tenus. L'objectif est de couvrir l'ensemble du territoire d'ici à 2022.

Les enjeux économiques sont importants car la fibre et le très haut débit c'est aussi un moyen de développement pour les entrepreneurs. A côté de la FTTH, il y a le plan FTTE (la fibre jusqu'à l'entreprise), très utile pour se développer et gagner des marchés. On rejoint la notion de compétitivité.

Et puis dans les villes qui ont fait le choix d'installer la fibre, on voit progresser le chiffre d'affaires de l'activité gros œuvre, bâtiment et génie civile. Cela profite à tout le monde. Donc les données de l'ARCEP sont encourageantes à plus d'un titre, mais il reste du pain sur la planche.

C'est la secrétaire d'Etat à l'économie numérique, Axelle Lemaire, qui pilote ce dossier avec Arnaud Montebourg. Tous deux ont récemment confirmé la suite du calendrier

La prochaine étape est la naissance de l'Agence du Numérique qui fédèrera tous les acteurs. Il s'agit en réalité de mettre sous le même toit les infrastructures et les usages. Outre les collectivités et les opérateurs télephoniques dont je parlais, d'autres acteurs interviennent. Par exemple Erdf et Réseau Ferré de France qui mettent à disposition une partie de leurs infrastructures pour dérouler la fibre.

Cette Agence du Numérique, Axelle Lemaire l'a promise pour l'été. Comme l'été c'est jusqu'au 23 septembre, il se murmure qu’il faudra peut-être attendre la rentrée pour entrer dans le vif du sujet.

 

(© Maxppp)