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Fin de crise, Davos doute

Sommes-nous au bord d'un nouveau clash économique et financier mondial ? Alors que l'on évoque de plus en plus une sortie de crise, la question anime les participants au sommet économique qui se tient en ce moment à Davos, dans les Alpes suisses.

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Et comme Davos, c'est un concentré de tout ce que la planète compte de décideurs économiques, on peut réellement s'interroger. A Davos, on parle affaires bien sûr mais les acteurs qui s'y pressent représentent à eux seuls un bon thermomètre conjoncturel.

En réalité, c'est l'incertitude qui l'emporte. Crise en Europe, dette publique américaine, doutes sur la croissance chinoise, tensions (pour ne pas dire guerre) entre les monnaies, les sujets d'interrogation ne manquent pas.

Il y a les dernières prévisions du FMI selon lesquelles la zone euro s'apprêterait à entamer une nouvelle année de récession, la dette publique que tous les Etats s'engagent à baisser mais pas avant plusieurs années, le constat d'un monde développé en panne et un monde émergent en croissance, déséquilibre dont il est très difficile d'analyser finement la nature. C'est précisément le miroir de la situation que nous avions avant la crise.


* Un autre sujet inquiète plus que tout : le bilan financier des banques centrales

Un bilan "explosif " aux dires de certains. C'est le fameux principe de "la planche à billets", cette planche qui a été remise en route un peu partout pour soutenir l'activité et qui fait qu'aujourd'hui les coffres regorgent de liquidités, source d'inflation.

Ce phénomène, les banques centrales vont avoir de plus en plus de mal à le maîtriser. La complexité de la crise est elle même le reflet de la complexité de nos économies.

Est-on réellement obligés d'aller à Davos pour faire ce constat ?

Non, c'est vrai, les dernières enquêtes d'opinion montrent que les Français ont conscience de cette situation qui pèse sur leur moral mais il faut y voir une sérieuse piqûre de rappel.

Deux sources d'optimisme quand-même : la croissance est sous le plancher mais on s'interroge encore sur les meilleurs moyens d'aller la chercher (c'est notamment de débat entre les tenants de la rigueur et ceux qui défendent l'utilité des déficits publics mesurés).

Enfin, cela montre le besoin de régulation à laquelle travaillent de plus en plus d'Etats mais dont ne veut pas entendre parler la majorité des participants à Davo. Le serpent n'a pas fini de se mordre la queue.

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