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Crise financière : un traitement de choc qui n'a pas pris

Jusqu’où ira la crise financière mondiale? Ca a été la douche froide hier sur les places boursières, notamment en Europe où Paris et Londres ont perdu pas loin de 3%. C’est la conséquence de l’intervention mercredi de 5 grandes banques centrales pour sauver de l’asphyxie le système bancaire. Qu'est-ce qui provoque cette nervosité ?

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Quand on place un malade sous tente à oxygène, c’est pour l’aider à respirer. Mais évidemment, l’entourage redouble d’anxiété. Eh bien c’est exactement ce qui vient de se passer avec l’action engagée jeudi par la BCE, la FED américaine, les banques centrales du Canada, de Suisse et d’Angleterre. Elles ont décidé d’injecter massivement de l’argent frais pour permettre aux banques de se financer et de fonctionner normalement. Initiative spectaculaire, parce qu’elle est coordonnée. Et quand on souligne que la dernière opération de ce genre remonte à l’après 11 septembre, ça ne peut évidemment que faire monter l’inquiétude. Or l’intention des banques centrales était au contraire de rassurer. Car depuis que la crise des prêts à risque – les subprime - a éclaté aux Etats-Unis, la défiance s’est installée entre les banques elles-mêmes. Elles n’osent plus se prêter de l’argent entre elles et si les banques centrales ne jouaient pas leur rôle de prêteurs en dernier ressort, le circuit financier mondial risquerait l’asphyxie. C’est précisément pour éviter ça que les banques centrales sont intervenues mais ça a accentué l’impression que la crise bancaire est beaucoup plus grave qu’on ne le dit.

Cette crise bancaire s’est déclenchée en août. Tout le monde a dit que l’économie réelle – celle des entreprises et des ménages – pouvait être atteinte. Est-ce que tout cela va nous amener à une récession ?

Pour l’instant l’économie résiste, on l’a vu avec les bons chiffres de la croissance économique américaines aux Etats-Unis. Les instituts de conjoncture tablent sur un net ralentissement de l’activité, mais aucun n’a prédit une récession pour 2008, c’est-à-dire une croissance négative. Mais on ne mesure toujours pas l’ampleur des pertes subies par les banques dans la crise des « subprime ». Dans leurs comptes, elles ont déjà inscrit 100 milliards de dollars. Mais elles sont loin d’avoir tout constaté et on s’attend à ce que l’addition soit au total d’au moins 500 milliards. Et qu’elle s’étale encore sur plusieurs mois. C’est beaucoup, mais ça n’a rien de comparable à ce que provoquerait un krach boursier. Si Wall Street et les places européennes chutait de 10% en une journée, ce sont 3 000 milliards de dollars qui partiraient en fumée. Le problème ne vient donc pas du montant des pertes mais de la confiance qui fait désormais défaut quant à la solidité des banques. Plus vulnérables, elles prêtent plus difficilement aux entreprises et aux particuliers. Et quand le robinet du crédit se ferme, on investit plus et on achète plus. Que ce soit pour construire une usine ou changer de voiture. C’est le poumon de l’économie qui pourrait être atteint.

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