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Budget Défense 2014-2019, les longs soupirs de la Grande muette

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A l'Assemblée nationale, les députés examinent à partir d'aujourd'hui en première lecture la loi de programmation militaire pour la période 2014-2019. Un budget que le gouvernement entend sanctuariser mais que l'opposition estime menacé.
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Radio France
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Quelles que soient les majorités au pouvoir, le budget de la Défense est toujours sujet à polémique, entre les défenseurs de l'idée nationale et les détracteurs d'une armée à leurs yeux toujours trop dépensière, ou servant les intérêts des grands groupes d'armement. Seulement voilà... l'industrie de la défense, ce sont aujourd'hui en France près de 170.000 emplois directs.
L'image de cette institution de la République est souvent stigmatisée. Une incompréhension d'autant plus mal vécue que la Défense – qui représente aujourd'hui 10% des emplois publics de l'Etat – devra fournir à elle seule l'année prochaine 60% des suppressions d'effectifs publics au nom des économies budgétaires.

Concrètement, à quoi va ressembler ce budget 2014-2019 ?

La Défense, c'est le troisième budget de l'Etat derrière l'Education nationale et la charge de la dette. C'est aussi le premier budget en termes d'investissements publics. 31 milliards et demi d'euros par an (1 et demi% de la richesse nationale), ce qui fait 190 milliards sur les six années de l'exercice. 650 millions d'euros d'économies sont prévues en crédits d'équipement dans le collectif budgétaire 2013 mais l'Etat table sur 500 millions de recettes supplémentaires grâce notamment à la vente de patrimoine immobilier ou de cessions d'actifs dans certaines entreprises comme SAFRAN.
Quant à l'emploi que j'évoquais : 34.000 postes seront supprimés sur six ans (8000 en 2014). A terme, les effectifs atteindront 240.000 personnes dont moins de 190.000 militaires.

Avec des priorités définies par les nouvelles menaces sur les terrains d'opérations

Trois priorités : le renseignement, la cybercriminalité et les forces spéciales. Concernant les opérations extérieures comme le Mali où en Centrafrique, quelque 580 millions d'euros seront réunis grâce à ce que l'on appelle la ''solidarité interministérielle''.
Comme tous les budgets, celui de la Défense est un savant dosage entre dépenses imprévues, recettes aléatoires et dimension sociale. Côté poids financier, il faudra compter avec les difficultés de vendre l'avion de combat Rafale de Dassault. Un Rafale coûte à l'unité 100 millions d'euros et il faut environ 3 ans pour le fabriquer. Sur les 11 Rafale prévus en sortie de chaine en 2016, 4 sont destinés à la France, 7 à l'étranger. Qui les achètera ? Pour l'instant c'est gros point d'interrogation... il faut pourtant financer leur production. L'Etat est présent au capital de Dassault via sa participation à EADS, lui-même actionnaire de l'avionneur français.

Dimension sociale

Le moral des troupes n'est pas au beau fixe. L'ascenseur social dans l'armée est en panne. Le tableau d'avancement en grades - et donc en rémunérations - est en baisse depuis le début des années 2000. Paradoxalement, à l'heure d'une exigence et d'une pression toujours plus forte sur une armée à la pointe des dernières technologies.
Malgré tout, pas de bonnets rouges dans l'armée. Les débats à l'Assemblée auront certainement plus d'échos que les longs soupirs de la Grande muette.

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