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AREVA à la croisée des chemins

Après une perte de 2 milliards et demi d'euros en 2011, le groupe nucléaire AREVA a redressé la barre en 2012 avec un déficit limitée à 99 millions d'euros. Une amélioration qui a du mal à cacher le poids toujours important du réacteur de nouvelle génération EPR.

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AREVA revient de loin et la convalescence n'est pas terminée. C'est un peu comme un malade qui sort d'une sérieuse grippe mais qui, après avoir repris des forces, doit continuer à lutter contre le froid. 2011 est l'année où la tension du patient AREVA est au plus bas, le groupe connaît sa plus grave crise en dix ans d'existence. Le nouveau patron Luc OURSEL nettoie les comptes et solde l'ère Lauvergeon. Un plan de relance et une année plus tard, la perte est ramenée à 99 millions d'euros. Le groupe espère retrouver les bénéfices cette année mais cela ne se fera pas sans mal car la pente est encore raide. Celle d'un monde de plus en plus concurrentiel face à une énergie de plus en plus chère, le tout dans un nouveau paysage nucléaire.

Mais le groupe n'annonce pas de changement stratégique.

Non. Officiellement, le cap est maintenu : alors qu'il n'a pas vendu un seul réacteur  de nouvelle génération depuis 6 ans, AREVA compte toujours sur 10 commandes d'EPR d'ici la fin 2016. La méthode Coué permettra-t-elle d'effacer l'onde de choc de la tragédie de Fukushima ? Rien n'est moins sûr. Ajouté à cela les surcoûts de plusieurs milliards d'euros pour la construction du réacteur de Flamenville (vaisseau amiral) ou celui en Finlande. Le groupe à beau dire que les nouveaux nés essuient les plâtres, les clients semblent ne plus y croire. La semaine dernière, le finlandais FENNOVOIMA stoppe un appel d'offre auquel participe AREVA et décide de négocier exclusivement avec le concurrent TOSHIBA. Les autres dossiers traînent : Grande-Bretagne, Inde, République Tchèque, mais aussi Pologne, Arabie Saoudite, Afrique du Sud... et la liste n'est pas exhaustive. Après 30 ans de coopération, les chinois veulent vendre désormais leur propre réacteur à l'étranger, quant à la concurrence des russes, des japonais et des coréens, qui s'y frotte s'y pique.

Vous sous entendez qu'une page se tourne, mais peut-on imaginez AREVA faire autre chose que du nucléaire ?

Non, abandonner cette filière est impensable. La France a mis des décennies à se forger une place de leader mondial (de l'ingénierie aux autorités de sûreté en passant par la maîtrise des cycles du combustible). Faire marche arrière serait pure folie. Mais l'heure n'est peut-être plus au gigantisme : dans la taille des réacteurs comme dans les dépenses. Fini le temps où l'on investissait plus que ce que l'on pouvait attendre du client. Quant à la diversification, elle est en marche. AREVA est aujourd'hui présent dans les renouvelables, éolien en mer, solaire, biomasse, stockage d'énergie sous forme d'hydrogène. Le chiffre d'affaires de l'ensemble de ces branches a presque doublé en 2012 pour atteindre 600 millions d'euros. C'est un signe, pas une véritable mue, pas une deuxième jambe pour le groupe, simplement une adaptation incontournable.

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