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Tout euro, tout éco. Présidence estonienne: entre peur et modernité

L'Estonie prend ce 1er juillet la présidence tournante de l’UE. Le pays est le plus connecté en Europe mais vit dans la peur de son voisin immédiat, l’ours russe.

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(PETRAS MALUKAS / AFP)

Pour cause de Brexit, ça n’est donc pas la Grande-Bretagne mais l’Estonie qui prend ce 1er juillet la présidence tournante de l’UE. Le pays est le plus connecté en Europe mais aussi, comme les autres baltes, un pays qui vit dans la peur de son voisin immédiat, l’ours russe.

L'Estonie veut sensibiliser l'Europe à la révolution numérique

Avec une présidente de 35 ans qui fait presque passer Emmanuel Macron pour un vieux, l’Estonie est le gouvernement le plus branché d’Europe, un gouvernement qui, depuis longtemps déjà, prend ses décisions sur le net  et les met en ligne.
Pendant sa présidence tournante, l’Estonie veut donc sensibiliser les autres européens à la quatrième révolution industrielle qui est en train de changer nos emplois, celle du numérique.

Première conférence de haut niveau sur le sujet en septembre qui s’intitulera Making it E-easy, suivi en octobre de la conférence Manufuture sur les transformations de la production. Et l’Estonie ne s’arrêtera pas là, elle fera partager son expérience de l’E-santé et veut apporter de l’eau au moulin du social européen lors du sommet de Göteborg en novembre. Six mois pour faire entrer l’Europe dans la modernité … Vaste programme.

La peur au ventre

Bien qu’elle soit tournée vers la Suède et surtout vers la Finlande dont elle partage cette bizarrerie d’avoir une langue unique en son genre, l’Estonie comme les autres baltes, s’inquiète de son voisin russe. Un tiers de sa population est d’origine russe, c’est moins qu’en Lettonie mais c’est une zone d’influence et un terrain de jeu pour la Russie. Le pays a été en 2007 le premier pays victime d’une cyberattaque russe, et l’Estonie abrite aujourd’hui un centre de l’OTAN qui traque le phénomène.

Mais ce sont les bruits de bottes à sa frontière qui l’inquiètent le plus. Comme tous les Baltes, elle redoute un scénario à la Crimée. L’Otan a eu beau déployer 3 000 soldats sur son sol pour trois mois et constituer une force de 5 000 hommes mobilisables rapidement, ça ne suffit pas à l’Estonie qui plaide pour une présence permanente de l’OTAN sur son territoire, ce que les accords avec la Russie interdisent pour l’instant à l’organisation internationale. Pas rassurant.

Un bon élève européen

Si en 2010, la croissance florissante a fait pschitt à la suite de la crise, ça va mieux aujourd’hui. Avec 1,6% de croissance, moins de 7% de chômage et une inflation quasi inexistante, l’Estonie s’est relevée. C’est sans doute plus facile quand on n’est qu’un million et demi. L’Estonie, qui très vite après son indépendance de 1991, a fait le choix de l’économie de marché, partage avec nous comme tous les Baltes, l’Euro et Schengen.

En matière d’énergie, elle devrait être la première à atteindre les 20% de renouvelables en 2020 et promet à la Finlande, avec ses terminaux gaziers, de la délivrer de la dépendance au gaz russe. C’est ce pays à la capitale médiévale, Tallin, en bordure de Baltique, mais à l’esprit résolument moderne et européen, qu’Edouard Philippe a visité, avec sans nul doute, des leçons à tirer de cette modernité.

(PETRAS MALUKAS / AFP)