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Tout euro, tout éco. La laborieuse Europe de la défense

Historique, c’est le mot utilisé lundi dernier à Bruxelles. Ce jour-là, 23 pays se sont engagés sur une vingtaine de points pour faire avancer l’Europe de la défense. 

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Lise JollyfranceinfoRadio France

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Les 10 ans de la brigade franco-allemande, le 24 septembre 1999
Les 10 ans de la brigade franco-allemande, le 24 septembre 1999 (GERARD CERLES / AFP)

23 pays se sont donc engagés lundi dernier à Bruxelles sur une vingtaine de points pour faire avancer l’Europe de la défense. Une Europe de la défense qui joue les arlésiennes depuis les années 50, et à laquelle on a du mal à croire.

Dès le début, l’Europe a raté le coche

En 1950, six pays européens veulent mettre sur pied la communauté européenne de défense. C’est-à-dire, un ministre de la défense commun, chapeautant une armée européenne de 40 divisions, soit 13 000 soldats, sous uniforme et gouvernance commune. Fin de l’aventure en 1954, les pays n’ont pas voulu renoncer à cette souveraineté-là et ont préféré rester dans le giron de l’OTAN.

Depuis, on ne fait que des avancées minuscules, comme la brigade franco-allemande qui a 30 ans, mais dont l’efficacité reste à prouver ou la construction de l’avion de transport militaire A400 M, trop lourd, trop coûteux, émaillé d’incidents techniques, et de retards à la livraison. Sans parler du Rafale français, en concurrence avec l’Eurofighter européen, et des normes de chars, de fusils, de munitions et de matériel en général, aussi nombreuses que de pays. 

23 pays sur 27

23 pays sur 27, ça n’est pas mal. Mais ce sera sans l’Irlande, le Portugal, Malte et le Danemark. Et bien entendu, sans l’autre grand puissance militaire autrefois européenne qu’est la Grande-Bretagne. Plusieurs évènements ont bousculé l’Europe : Trump inquiète et fait douter de l’Otan, la volonté de puissance de Poutine effraye, surtout après la Crimée et la crise ukrainienne. L’est de l’Europe n’aime guère les bruits de bottes russes qui résonnent régulièrement de l’autre côté de ses frontières.

La Finlande, qui n’appartient pas à l’OTAN ne cesse par exemple de plaider pour une armée européenne. La crise des migrants et le terrorisme, mais aussi le Brexit, font bouger les lignes. Mais on ne parle plus vraiment de tout mettre dans un pot commun comme en 1950. Avec la montée des nationalismes, il s’agit d’avancer sans effrayer.

Surtout du matériel militaire 

Ces 23 pays s’engagent sur une coopération structurée et permanente, la CSP. Il y aurait donc un quartier général opérationnel pour les unités de combat ou encore une plateforme logistique pour les opérations, bref, un commandement central qui existe déjà sous forme d’embryon depuis le printemps, un QG militaire en Afrique. Mais avant d’en arriver là, on parle surtout de projets de constructions de matériel, une cinquantaine environ, pour développer des chars, des drones, des avions militaires. Et le budget qui va avec, environ 5 milliards et demi.

Mais le scepticisme demeure au rendez-vous, trop de projets, trop morcelés disent certains économistes, et Tom Enders, le patron d’EADS, se méfie déjà d’un gouvernement allemand qui en janvier, s’il voit le jour, sera composé de Verts réticents sur les interventions extérieures et exigeants sur les ventes d’armes, dans un pays où l’armée est partout dans le monde, mais presque jamais en première ligne.

Les 10 ans de la brigade franco-allemande, le 24 septembre 1999
Les 10 ans de la brigade franco-allemande, le 24 septembre 1999 (GERARD CERLES / AFP)