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Pascal Bruckner : "Il faut soutenir ses idées jusqu'au bout"

Pascal Bruckner, essayiste et romancier, a écrit des essais sur le bonheur, la culpabilité occidentale, les rapports amoureux, mais pas seulement. Il revient avec une double biographie, la sienne et celle de son père, dans Un bon fils, chez Grasset.
Article rédigé par Philippe Vandel
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
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Pascal Bruckner raconte l'histoire et son histoire avec son père, germanophile, pronazi, et antisémite. Qui voyait des juifs partout. Un père brillant, cultivé, intelligent, mais qui piquait des colères énormes. Il insultait sa mère devant lui. Et la hantise de Pascal, c'était de lui ressembler.

"Un des problèmes de l'éducation c'est qu'on se révolte contre son père parce qu'on ne veut pas lui ressembler. Mais, on se rend compte longtemps après que l'on reproduit à l'identique tout ce que l'on détestait chez lui. "

S'il reconnaît que l'agressivité est néfaste au quotidien, il part du principe que c'est une vertu cardinale dans le métier d'intellectuel.

"Ce qui est très important c'est de ne jamais renoncer à ses positions et surtout d'avoir le sens de la polémique. Il faut mettre le fer dans la plaie et soutenir ses idées jusqu'au bout, même quand on est attaqué. Il y a un moment où on se sent galvanisé par les attaques des autres. "

Le repentir


Tout au long de son œuvre, Pascal Bruckner a combattu le repentir, cette manie de s'excuser de tout. Il estime ne pas avoir à s'excuser de l'antisémitisme de son père.  

"Il n'y a pas de rapport immédiat, mais je me sentais probablement coupable des idées de mon père et j'ai ensuite analysé ce sentiment de culpabilité. "

La prostitution

Pascal Bruckner a signé le manifeste des 343 salauds qui défendaient les hommes qui faisaient appel à des prostituées. Les signataires ont tous été descendus dans la presse.

"Le manifeste est un peu provocateur et c'est un raccourci un peu ridicule de ma position. La prostitution est un problème très compliqué et la manière dont le gouvernement le traite n'est pas la bonne. Je pense que l'Etat doit contrôler la prostitution et assurer aux hommes et aux femmes qui exercent ce métier la sécurité, les droits... "

Il est pour la réouverture des maisons closes et faire des maisons closes pour les femmes clientes.

"De plus en plus de femmes sont clientes de services sexuelles. De la même façon, de jeunes étudiantes et étudiants offrent leur corps pour payer leurs études ou s'offrir des loisirs. "

 

Un bon fils de Pascal Bruckner est publié chez Grasset

 

 

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