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Alain Badiou : "Je ne déteste pas avoir des ennemis"

Alain Badiou, philosophe, romancier, dramaturge, mais surtout philosophe. A 73 ans, il était presque inconnu du grand public, jusqu'à la sortie du pamphlet : De quoi Sarkozy est il le nom ?, qui s'est vendu à plus de 60.000 exemplaires en 2008. Il vient de publier deux livres : un sur Lacan et un sur Malebranche.

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On présente désormais Alain Badiou comme "le pape de
l'extrême gauche". Il sort deux livres, coup sur coup chez Fayard, tirés de ses séminaires
(Fayard) : Un sur Lacan et un autre sur Malebranche, un penseur du XVIIe
siècle. "Malebranche m'intéresse beaucoup parce qu'il est cette
tentative extraordinaire de la modernité d'intégrer purement et simplement le
dispositif religieux dans la rationalité scientifique
", explique Alain
Badiou.

Dans De quoi Sarkozy est il le nom ? Alain Badiou parlait
de rats pour désigner les électeurs, ce qui n'est pas loin de l'insulte. Mais,
il avait surtout parlé de pétainisme à propos de Sarkozy. Les mots ont un sens et
ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'un bord politique qu'il faut traiter son
adversaire de collabo.

"J'ai dit que Sarkozy, après une longue période
historique issue de la libération, revenait à une ancienne tradition de la
droite française, cynique, étroitement liée au milieu des affaires et sans
autres principes que de se maintenir au pouvoir, que j'ai appelé pétainisme. Je
faisais plus allusion aux électeurs qu'à Sarkozy lui-même
", explique Alain Badiou.

Alain Badiou n'a pas que des amis

En 2011, deux livres contre lui sont sortis : Après Badiou
de Mehdi Belhaj Kacem (un ancien disciple), et Anti-Badiou de François
Laruelle.

L'hebdomadaire Marianne a publié huit pages sur / contre lui
dans un article qui le définissait ainsi : "Un vieux perdant, dont
l'originalité consiste à défendre tout ce qui a échoué, de préférence dans le
sang. Stalinisme, maoïsme, génocide cambodgien
". Le titre de l'article : Alain
Badiou : La Star de la philo est-il un salaud ?

"A partir du moment où l'on acquiert une certaine
présence, il y a toujours des ennemis et ils sont souvent très acharnés. Cela n'est pas
nouveau. Kant disait que la philosophie est un champ de bataille. C'est bien
vrai et en réalité je ne déteste pas avoir des ennemis, car dans un certain
sens cela vous fait faire des progrès.
"

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