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L'habit fait le breton

Jean-Louis vit à Berné dans le Morbihan. Amoureux de sa Bretagne, il a décidé, début 2014, de vivre sa culture et son identité dans son costume. Habillé tous les jours dans un costume traditionnel breton, sauf lorsqu'il travaille, il n'aime rien tant qu'observer et consigner les réactions de ceux qui l'entourent et il envisage même d'en tirer un texte

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Ce matin l’autre info est en Bretagne

Promis, je ne vais pas faire fuir les auditeurs en chantant « ils ont des chapeaux ronds…» et pourtant je pourrais, tant ça colle à l’histoire de Jean-Louis. Figurez vous madame Royal que Jean-Louis porte le costume traditionnel breton au quotidien.

Toute l’année en toutes circonstances ?

Comme l’explique l’édition rennaise de Ouest-France qui lui consacre toute sa dernière page, Jean-Louis, qui vit à Berné, 1563 habitants dans le Morbihan, a pris une résolution début 2014. Il a décidé de vivre habillé en Breton. Il faut dire que ce quinquagénaire danseur dans un cercle breton a toujours baigné dans cet univers. Il raconte d’ailleurs comment, enfant, il admirait sa tante Philomène avec sa coiffe. Jusqu’à ce que Tante Philomène décide, dans les années soixante dix, comme beaucoup de bretonnes, d’abandonner le costume traditionnel. Eh bien Jean-Louis lui a décidé de revenir à sa tradition…

Il est comment son costume ?

Il a évidemment le chapeau rond noir. Le costume est en velours noir, la veste courte, le pantalon plutôt serré. Il est surtout cher puisque Jean-Louis a investi 2.200 euros dans un costume sur mesure qui a été confectionné pour lui, d’après un modèle ancien, par une couturière à Chateauneuf-du-Faou, dans le Finistère. Alors on nomme ce vêtement un costume aux mil boutons. Il n’en a pas vraiment mille, mais il est surnommé « mil bouton » en raison de sa profusion de boutons…

C’est une démarche régionaliste ? 


Disons culturelle. Jean-Louis précise qu’il ne fait aucun prosélytisme. Mais il pense que comme la culture, la musique et la langue bretonne sont florissantes, il n’y a aucune raison de ne pas revendiquer aussi le costume. Et le fait est qu’il le porte même pour faire ses courses au supermarché. C’est d’ailleurs une photo de Jean-Louis poussant son chariot dans une grande surface que Ouest-France a choisi pour illustrer son article. Jean-Louis s’est habitué au regard des badauds, même dans les autres régions de France où il se balade. La plupart son bienveillants avec lui. Et il a décidé d’utiliser ces échanges. Jean-Louis prend des notes. Il écrit chaque soir sur son ordinateur le récit de ses rencontres. Ça pourrait donner un bouquin intéressant. Mais il y a quand même un moment où il doit tomber le costume, c’est au boulot. Jean-Louis travaille sur un patrouilleur des affaires maritimes et forcément là il doit remettre son uniforme. Madame Royal que vous inspire Jean-Louis ? Est-ce qu’en 2014, dans un pays aussi centralisé et jacobin que la France, ça vous semble anachronique qu’il affiche ostensiblement ses origines et sa fierté culturelles au quotidien ?

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