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Si j'étais... George W. Bush

Et si "W" votait Hillary ? Karl Zéro s'est imaginé dans la peau de George W. Bush, l'ancien président, fils de George Bush senior, ancien président, et frère de Jeb Bush, ancien candidat à la présidence.

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Georges W. Bush le 24  septembre 2016 à Washington DC.
Georges W. Bush le 24  septembre 2016 à Washington DC. (ZACH GIBSON / AFP)

Si j’étais George W. Bush, je vous dirais "My Fellow Citizens, at least, le grand jour est arrivé !" Je serais excité comme une puce, et en même temps… très inquiet. Je ne vous le cache pas, Fabienne, j’ai peur pour mon pays ! Moi qui dors très bien mes 15 heures je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit.

Si je n’avais pas arrêté sur ordre de papa il y a 40 ans le Jim Beam, mon bourbon favori, j’en sifflerais bien une ou deux bouteilles pour me calmer jusqu’à l’annonce du résultat… A la place, j’ai allumé un cierge dans notre petite chapelle familiale, et j’ai prié le Tout Puissant en joignant mes mains: "O Lord, I beg you, down on my knees ! Faites… qu’Hillary soit élue !"

Je sais ça peut surprendre, venant d’un républicain, une démocrate… La femme de Bill en plus, ce polisson qui a dégagé papa… Mais elle n’a pas un mauvais fond, c’est l’amie de Wall Street, comme moi, et elle a voté pour ma guerre en Irak… Je ne l’ai jamais dit officiellement, mais comme notre vénéré père George senior, et comme tout notre clan réuni pour l’occasion à Crawford, Texas, je me prépare à aller mettre mon bulletin Hillary dans l’urne.

Trump avait tout pour me plaire

Trump, au départ, je n’avais rien contre, bien au contraire, tant il me rappelait ce que j’ai été aux yeux du monde huit années durant : le pire des repoussoirs humains, doublé du plus fantastique imbécile qu’ait abrité la Maison Blanche…

Je me disais, si Donald est élu, il va reprendre avec brio mon rôle de glorieux crétin, et avec le programme proprement délirant qu’il a, je peux compter sur lui. Dans 4 ans, plus personne ne se souviendra du nombre incalculable de bêtises – de bushisms – que j’ai pu dire, ni de ma curieuse disparition le 11 septembre, ni des fausses preuves d’armes de destructions massives qui ont permis la guerre en Irak, avec la conséquence que l’on sait aujourd’hui, Daech. Ce sera que du bénef…

Bref, Donald avait tout pour être ma blanchisseuse à conneries… Mais, si j’étais George W. Bush, je vous dirais à quel point Trump m’a déçu. D’abord, lors de la primaire républicaine, non seulement il a mis la pâté à mon pauvre frère Jeb, mais il l’a humilié publiquement en lui disant que Barbara, notre mère âgée de 90 ans, aurait du se présenter à sa place, tant il était mauvais candidat.

Abruti ? Moi-même !

Puis, interviewé à mon sujet, Trump a juré ses grands dieux qu’il n’avait jamais voté pour moi, parce que je cite, j’ai "l’air d’un abruti total"…C’est pas faux, mais il y a plus grave : il vient de briser net la carrière de mon petit neveu Billy Bush, vedette télé sur NBC avec son show qui cartonnait, Access Hollywood, jusqu’à ce que de vieilles images d’il y a onze ans ressortent, celle où Trump se montre misogyne voire abominablement sexiste à l’égard d’une blonde, en compagnie de mon petit Billy. NBC l’a licencié – pas la blonde, Billy – et le pauvre garçon le vit assez mal. Je lui ai bien proposé de faire à la place Access Crawford, Texas sur Fox, mais il pense que c’est moins porteur.

Donc, Trump ayant passé son temps à nous chier dans les bottes, les 128 membres du clan Bush iront aujourd’hui même voter Clinton.

Et s'il refaisait le coup de la Floride ?

Mais est ce que ça suffira à la faire élire ? Rien n’est moins sûr, et c’est pour ça que je panique… Parce que l’entourloupe aux grands électeurs, et "vas-y que je demande à ce qu’on recompte les bulletins", je connais… j’ai donné. Vous vous souvenez qu'en 2000, j’avais battu Al Gore à plate couture ? J’avais pourtant 500 000 voix de moins que lui, au niveau national… mais en Floride j’avais 537 voix de plus, et c’est en jouant là-dessus que je l’ai emporté, après des semaines de palabres devant la Cour Suprême…

Alors Trump, tout cintré qu’il est, il est pas con… S’il sent qu’il y a la moindre possibilité de contester le résultat, même une babiole, un truc minime, il le fera, et nous foutra un boxon effrayant… Alors, avec moi : "O Lord, I beg you, down on my knees, faites qu’Hillary soit élue !"

Georges W. Bush le 24  septembre 2016 à Washington DC.
Georges W. Bush le 24  septembre 2016 à Washington DC. (ZACH GIBSON / AFP)