Si j'étais..., France info

Si j'étais... Emmanuel Macron

Karl Zéro s'est imaginé dans la peau d'Emmanuel Macron, président de la République.

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Emmanuel Macron le 1er juin, sur l\'Abeille Bourbon, dans le Morbihan.
Emmanuel Macron le 1er juin, sur l'Abeille Bourbon, dans le Morbihan. (DAMIEN MEYER / AFP)

Si j’étais le chef de l’Etat, je vous dirais que jusqu’ici… tout va bien !  Je me prépare à un véritable plébiscite, style triomphe à la romaine, aux législatives pour les candidats d’En marche !, tant j’ai réussi en un tournemain à démoder les autres, ces vieux partis tout pourris ! Mais je dois rester vigilant… Me méfier de mon entourage, comme de ce passe-muraille venu du PS, Richard Ferrand, chargé de vérifier le passé de nos candidats qui a omis de vérifier le sien propre…

Mais surtout, je dois tenir ma langue, me méfier de moi-même comme de la peste… Vous le savez forcément, puisque les médias s’en sont aimablement fait l’écho, il y a quelques jours, en visite dans le Morbihan, je me suis laissé aller à plaisanter bêtement sur le "kwassa-kwassa", une embarcation "qui pêche peu mais amène du Comorien" (c’est à dire des immigrés clandestins des Comores vers Mayotte)… En ces temps de dictature du supra-politiquement correct, j’avoue, c’était très nul de ma part…

Mais que voulez-vous je n’avais pas vu qu’il y avait une caméra, et je voulais surtout faire le beau, montrer à ces fiers bretons que question barcasses, j’en connais un rayon ! Mon staff de communication a aussitôt reconnu "une plaisanterie malvenue". Les médias ont immédiatement renchéri, stigmatisant mon soit-disant mépris de classe, rappelant que j’avais traité les salariés de GAD d’illettrés. Bon… ils le sont, mais c’est pas le problème !

Kwassa-kwassa... Où ça, où ça ?

Bref. Si j’étais le chef de l’Etat, j’aurais bien été forcé, au vu du buzz provoqué par ma blague, et suite à la déclaration du ministre des Affaires étrangères comorien exigeant des excuses après ma plaisanterie jugée "choquante et méprisante"… d’appeler directement au téléphone M. Azali Assoumani, le président comorien…Moi, pour vous dire, les Comores, je situe moyen. Kwassa-kwassa, quoi… L’océan Indien, oui, ça je situe très bien : pour moi, c’est le Royal Palm, le palace de l’île Maurice, là où Chirac allait en vacances et que Brigitte adore. Les Comores, en revanche… Je me souviens vaguement que c’était le terrain de jeu du mercenaire, là… Bob Denard… Pour le reste, j’ignorais, jusqu’à cette vanne ratée, qu’ils eussent même un président ! Bref, je demande un topo avant d’appeler : "Ancienne colonie française de tradition musulmane sunnite, les Comores ont connu une histoire tumultueuse, jalonnée de vingt coups d’État depuis 1975 et contrariée par la perte de Mayotte qui alimente une querelle de souveraineté de faible intensité avec Paris." Eh bé ! Avec ça, me voilà renseigné.

—Allo, cher Président Azali ? C’est Emmanuel Macron, je vous appelle de Paris ! Oui ! Dois-je vous appeler mon colonel ? Non? Parce que selon ma fiche du Quai d’Orsay, vous n’êtes président que suite à un putsch ? Comment ? Oui, c’est vieux. Bien… Vous avez été réélu deux fois depuis… Tant mieux ! Sans tricher, j’espère ?… Non, je plaisante ! Oui, c’est plus fort que moi ! Vous avez raison, mille fois, cher ami, encore une déclaration inconsidérée à mettre sur le compte de ma jeunesse… A part ça, ça va ? Vous avez quel temps chez vous ?

Ah ! je vous jure, hein. Qu’est-ce qu'il ne faut pas faire…C’est le métier qui rentre. Désormais, avec les Comores, nous travaillons "dans un esprit d’apaisement et de confiance mutuelle" et moi, quand une blague me monte au cerveau, je la boucle.

Emmanuel Macron le 1er juin, sur l\'Abeille Bourbon, dans le Morbihan.
Emmanuel Macron le 1er juin, sur l'Abeille Bourbon, dans le Morbihan. (DAMIEN MEYER / AFP)