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Pourquoi un "contrat de réussite" pour les étudiants en licence ?

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Une surprise dans les annonces faites jeudi par Valérie Pécresse, la ministre de l’enseignement supérieur, pour réduire de 50% le taux d’échec en licence : les étudiants devront signer « un contrat de réussite » qui prévoit notamment « la mise en place de tutorat en cas de difficultés »…
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Radio France
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L'essentiel de la chronique

  • Quel est le principe du tutorat ?
    Un étudiant avancé, typiquement un étudiant de master, va vous accompagner dans vos premières années d’études.
    Les vertus sont éprouvées : ce qu’on appelle le tutorat d'accompagnement et de soutien a été généralisé dans les années 90, même si l’offre est loin d’être homogène. Quelques dizaines d’étudiants dans certaines facs, des centaines dans d’autres.

  • A quoi sert-il ?
    Pour certains étudiants en échec, la fac est un monde très dur : moins cadré que le lycée, avec des attentes très différentes de la part des enseignants. Il y a tout un travail de décodage à faire que les enseignants, très peu présents, ne font que rarement. Je vous cite une étude de l’Education nationale : « Le tutorat rassure. Il facilite l’intégration dans le système universitaire parce que le tuteur est un médiateur entre l’institution et l’étudiant. Auprès de lui les étudiants expriment leurs difficultés plus librement qu’ils ne le feraient auprès de leurs enseignants »

  • Pourquoi un contrat pour obliger les étudiants à suivre le tutorat ?
    Parce qu’on a constaté que les étudiants qui en ont le plus besoin ne vont pas vers ces dispositifs. L’explication est psychologique : pour décider de se faire aider, il faut tout de même imaginer qu’on est capable de réussir. Or certains s’enferment très vite dans une logique d’échec, sans pour autant oser avouer leurs difficultés… Un sociologue a très bien montré ce phénomène, Stéphane Beaud, dans le livre 80% au bac… et après ?, publié à La Découverte.

  • Que changera le contrat pour ces étudiants ?
    L’espoir c’est que cela les oblige en quelque sorte à assumer leur part de responsabilité. La question, évidemment, est : que se passera-t-il si le contrat n’est pas respecté par l’étudiant…ou par l’université, si elle n’a pas les moyens d’offrir un tutorat. Valérie Pécresse, la ministre de l'enseignement supérieur a promis : « Les universités disposeront d’ un volume d’heures disponibles de 5 heures hebdomadaires supplémentaires par étudiant, pour chaque année de Licence ».

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