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Placer de la pierre dans un contrat d'assurance vie

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Alors qu'on assiste à une décollecte en assurance vie, des épargnants souhaitent toujours investir dans l'assurance vie mais en utilisant l'immobilier. Est- ce aujourd'hui possible ? Quelle est la fiscalité applicable ?
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Radio France
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Dans un contrat d'assurance vie, le souscripteur doit
choisir entre la sécurité avec le fonds en euros et le risque avec les unités
de comptes classiques composées d'actions et d'obligations.

Mais il existe 
effectivement un moyen de réaliser une meilleure performance que celle
déclinante des fonds en euro sans pour autant risquer son épargne. Encore
faut-il pour cela trouver un contrat d'assurance vie qui intègre un
compartiment pierre.

Fini l'époque où les contrats d'assurance vie ne comprenait
qu'une seul produit, un fonds en euros. Depuis de nombreuses années, les
contrats sont "multisupport". Cela signifie qu'à coté d'un fonds en
euros, d'autres unités de comptes sont présentes. Ce sont des OPCVM, autrement
dit des sicav et des fonds communs plus ou moins spécialisés. On y trouve des
actions, des obligations hexagonales, européennes, mondiales. Mais aussi des
matières premières comme l'or et les autres métaux précieux. Le type de gestion
peut lui aussi être diversifié : gestion de conviction, quantitative etc...

Enfin pour éviter de laisser 
seuls les souscripteurs dans leur choix, les assureurs proposent des
cocktails  de leur composition en
choisissant les dosages entre "fonds en euros" et "unités de
compte" dans le cadre de profils : prudent, dynamique ou offensif
par exemple.

Placer de la pierre dans un contrat d'assurance vie permet de doper les rendements.

Les fonds en euros ont rapporté en 2011, en moyenne 3%. Ils
devraient encore fléchir cette année autour des 2,75%, pour, en 2013 tourner
autour des 2,5% (soit quelque 2% nets). Cette baisse est due à la rémunération
des obligations nouvelles. Une hausse des prélèvements sociaux assortie d'une
baisse de la rémunération conduit les assureurs à trouver une autre voie pour
ceux qui veulent investir sur le long terme en assurance vie sans vouloir
prendre des risques de volatilité inhérents aux actions.  D'où l'idée d'y placer de la pierre dont les
rendements dépassent les 5%.

Le véhicule ou unité de compte le plus approprié pour être
placé dans un contrat d'assurance vie au coté d'un fonds en euros reste la
SCPI. Les sociétés civiles de placements immobiliers sont des structures qui
achètent un patrimoine pierre (bureaux, boutiques, logements) qui est ensuite
vendu à des épargnants sous la forme de pierre papier (parts civiles). Pas de
soucis de loyer, une bonne diversification du patrimoine, les SCPI sont sans
conteste aujourd'hui l'un des placements les plus rentables au regard du faible
risque que prend l'épargnant.

La fiscalité applicable

Lorsque l'on achète de la pierre papier, on est imposé dans
la catégorie des revenus fonciers, l'une des plus confiscatoires en matière
d'impôts. Mais si l'on acquiert des parts de SCPI au sein d'un contrat
d'assurance vie c'est alors la fiscalité de l'assurance qui s'applique. Elle
est beaucoup plus clémente et porte sur les plus values en cas de
retraits : 35% pour un retrait avant 4 ans, 15% au-delà de 4 ans, 7,5%
après 8 ans et un abattement de 4 600 euros (le double pour un couple).
Ces pourcentages peuvent paraître élevés mais en réalité dans la plus value
figure une portion de capital non imposé qui affaiblit le prélèvement. Mais il
faut compter les prélèvements sociaux en sus (15,5%).

En cas de décès du souscripteur, c'est encore la fiscalité
de l'assurance vie qui s'applique. Ce qui constitue un avantage indéniable.

Il n'est pas question de remplacer le fonds en euros par un
fonds "pierre". En effet, le fonds en euros ne peut pas baisser et
les gains engrangés sont définitivement acquis. Le fonds "pierre"
reste une unité de compte, certes peu fluctuante mais dont les gains doivent
être placés dans le fonds en euros au moyen d'un arbitrage pour qu'ils soient
définitifs. On peut conseiller une diversification  de l'ordre de 15% à 20% pour les plus
audacieux. Un tel cocktail permet de conjuguer rentabilité et sécurité et s'avérer
un bon complément de retraite.

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