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Planète Géo. Les jeunes Iraniens épris d'Instagram

Cette semaine, l’Iran fêtait les 40 ans de la République islamique, un pays où règne la censure dans les réseaux sociaux, seul Instagram semble y échapper.

Ali Kaveh, photographe,  publie sur Instagram des instants de vie quotidienne.
Ali Kaveh, photographe,  publie sur Instagram des instants de vie quotidienne. (SINA SHIRI/ GEO)

Facebook, Twitter, youtube, des réseaux sociaux considérés comme "illégaux et immoraux" en Iran : les autorités les ont interdits et seul Instagram est toléré.

Espace de liberté

Aujourd’hui, 24 millions d’Iraniens échangent des photos et vidéos sur Instagram, soit 30% de la population. C'est considérable ! A titre comparatif, en France le réseau attire 18% de la population.

Dans le magazine Géo, Cyrile Guinet raconte:

"Instagram est relativement épargné par la censure : dès la fin du mois de janvier, le ministre des Télécommunications iraniennes a fait machine arrière, estimant que ce serait inutile d'interdire, que ça ne ferait que rajouter des problèmes".

Le présidant iranien Hassan Rohani lui-même est détenteur d'un compte.

Avec un bémol de taille

Danser ou chanter peut être vite considéré comme "un crime contre la sécurité nationale" selon les autorités iraniennes.

Maedeh Mahi une jeune Iranienne de 18 ans, en a fait la triste expérience, l’été dernier : elle a été contrainte, ainsi que dix autres jeunes femmes, de se confesser à la télévisions pour avoir posté des vidéos de danse sur son compte.

Maedeh Mahi arrêtée pour ses vidéos de danse.
Maedeh Mahi arrêtée pour ses vidéos de danse. (Maedeh Mahi)

Instagram est devenu un endroit d’échanges d’idées et aussi de publicité pour financer son entreprise

Parmi les comptes celui de Reihane Taravati suivie par plus de 200.000 abonnés, elle incarne la femme moderne qui gère à la fois son foyer et son entreprise de publicité.

Reihane Taravati, la businesswoman qui n\'a peur de rien.
Reihane Taravati, la businesswoman qui n'a peur de rien. (SINA SHIRI/ GEO)

Elle dirige une société de production qui emploie une dizaine de personnes et compte une trentaine de clients dont des grandes marques de mode iraniennes mais aussi étrangères.

 Autre compte celui du photographe Ali Kaveh, il rassemble trois millions de visiteurs chaque mois dont un tiers aux Etats-Unis. Sur sa page @everydayiran, il nous montre le quotidien des Iraninens, un Iran différent de celui qui fait habituellement la "une" des journaux occidentaux.

Ali Kaveh, photographe,  publie sur Instagram des instants de vie quotidienne.
Ali Kaveh, photographe,  publie sur Instagram des instants de vie quotidienne. (SINA SHIRI/ GEO)