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Planète Géo. La métamorphose de Palerme

La capitale sicilienne retrouve de sa superbe, ses trésors d'architecture ont été rénovés, l'art s'expose dans les rues et les initiatives culturelles attirent des artistes venus d'Europe.

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Sur la piazza Bellini, l\'église San Cataldo, à l\'architecture arabo-normande.
Sur la piazza Bellini, l'église San Cataldo, à l'architecture arabo-normande. (Cécile ALLEGRA / GEO)

C'est l'exemple d'une ville en Italie, qui a misé sur la culture et sur sa richesse architecturale pour changer l'image sulfureuse de son passé, associée à la mafia et à la pauvreté : Palerme, la capitale sicilienne a changé de visage sous l'impulsion de son maire et de ses habitants.

La Piazza Pretoria et sa fontaine baroque rénovée ces dernières années.
La Piazza Pretoria et sa fontaine baroque rénovée ces dernières années. (GEO)

Un passé sulfureux

C’est avec Cécile Allegra, grand reporter, réalisatrice, que l’on découvre ce nouveau visage de Palerme, elle qui a suivi, le grand procès historique consacré aux collusions entre mafia et politiques et qui s’est terminé, il y a deux ans, par de lourdes condamnations. 

La mafia est toujours présente, mais les mentalités ont pro­fondément changé : 

"Il y a eu les années de sang, des habitants figés dans le silence de l’omerta, deux juges,Falcone et Borsellino, les héros de l’antimafia, assassinés en 1992. Et puis, vers la fin des années 2000, les premiers naufra­gés sont arrivés. Aujourd’hui la cité s’assume, est enfin multi-culturelle, vibrante, ouverte sur le monde, bras tendus vers la mer, pour reprendre les mots de l'écrivain Roberto Alajmo".

Des trésors d'architecture rénovés

Des dizaines de lieux rouvrent leurs portes : palais, couvents, bibliothèques comme celle de Casa Professa, après 20 ans de restauration, et qui contient des milliers de manuscrits dont tous les livres mis à l’index par l’Inquisition. 

Plusieurs palais ont ouvert leurs portes à l'art contemporain.

L\'âme du sel de Patricia Kaersenhout dans le palais de Seta.
L'âme du sel de Patricia Kaersenhout dans le palais de Seta. (GEO)

Le couvent de Santa Caterina, autrefois, de jeunes filles aristocrates y étaient cloîtrées de force par leurs familles.  

Le Palazzo Butera, monument néoclassique du XIXe siècle, est l’un des plus vastes palais de la ville, il appartient à Massimo Valsecchi, mécène originaire du Nord de l’Italie.

Le fes­tival "Vie dei Tesori" fait sortir de l’oubli ces trésors cachés.

"Au mois d’octobre, Palerme se transforme en museo diffuso (musée diffus) durant un mois, au gré de dizaines d’itinéraires balisés. Enfin, les Palermitains se pressent pour découvrir leur patrimoine, curieux de leur propre histoire. Les vieux palazzi oubliés ouvrent leurs portes à l’art contemporain.

La biennale Manifesta s’est déployée en 2018 dans les palais".

Des quartiers s'ouvrent

Aujourd’hui, Palerme suscite de nombreuses initiatives dans les quartiers, comme celui de Ballaro longtemps délaissé.

"A l’initiative du restaurateur, Claudio Arrestivo, une trentaine d’habitants se réu­nissent à Moltivolti, choisissent un espace laissé à l’abandon dans Ballarò et le rénovent. Moltivolti est entouré d’une myriade d’associations qui font bouger le quartier.

Tous les premiers dimanches du mois, des banquets réunissent habitants et passants.

La place du marché Vucciria, rendez-vous des jeunes, le soir.
La place du marché Vucciria, rendez-vous des jeunes, le soir. (GEO)

Succès pour le festival des arts de la rue "Ballarò Buskers"

"Le quartier connaît une affluence sans précédent. En l’espace de six ans, des dizaines de B&B, de restau­rants et de cafés ont ouvert… les loyers dépassent rarement 350 euros pour 100 mètres carrés". De jeunes Siciliens reviennent aussi vers la Kalsa, un quartier du port créé au Xe siècle par les Arabes.

Sur la piazza Bellini, l\'église San Cataldo, à l\'architecture arabo-normande.
Sur la piazza Bellini, l'église San Cataldo, à l'architecture arabo-normande. (Cécile ALLEGRA / GEO)