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"USA 1968-1999" aux Rencontres de la photo d'Arles : les expériences américaines de Raymond Depardon

L'édition 2018 des Rencontres de la photographie d'Arles propose notamment une rétrospective des reportages aux États-Unis de Raymond Depardon.  

Depardon USA 1968-1999, une exposition à voir jusqu’au 23 septembre 2018, à Arles, dans le cadre des Rencontres de la photographie.
Depardon USA 1968-1999, une exposition à voir jusqu’au 23 septembre 2018, à Arles, dans le cadre des Rencontres de la photographie. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Les 49e Rencontres de la photographie d'Arles, ouvertes lundi 2 juillet, consacrent notamment quatre expositions aux États-Unis, vus par autant de photographes. Parmi eux, Raymond Depardon, qui a effectué plusieurs reportages outre-Atlantique. Le premier, il y a 50 ans. 

La liberté américaine

L’exposition s'ouvre sur la photo de Richard Nixon faisant le V de la victoire du haut de la passerelle de son avion, pendant la campagne présidentielle, en novembre 1968. Cette année-là, Raymond Depardon couvre aussi la convention démocrate dans l’Illinois, ainsi que les manifestations contre la guerre au Vietnam. Mais quand il revient aux États-Unis en 1981, il oublie son métier de photoreporter pour mettre ses pas dans ceux de ses collègues américains Walker Evans ou Garry Winogrand. À New York, il photographie la rue.

La facilité de faire des photos aux Etats-Unis est déconcertante parce personne ne vous dit rien. En France, on vous dirait 'Vous travaillez pour qui ? Est-ce que vous allez la vendre à un journal ?' Là, on ne vous dit rien.Raymond Depardon, photographeà franceinfo

Aux États-Unis, Raymond Depardon satisfait aussi sa passion pour le désert. En 1982, le voici à Las Vegas, au Nouveau Mexique, du côté de Monument Valley, dans les déserts de Californie et d’Arizona. Il saisit la beauté des paysages, leur désolation, autant que l’absurdité de certaines situations.

Six grands formats splendides

En 1999, ce sont encore des paysages désertiques que Raymond Depardon fixe dans son objectif. L’exposition présente six grands formats verticaux, pris notamment dans le Dakota du sud. Un État où, comme le montre une des photos, les faillites ont poussé des fermiers à abandonner leur maison. "J'ai un peu copié un photographe américain, Robert Adams, qui le premier, il y a une trentaine d’années, a fait des paysages en hauteur, témoigne Raymond Depardon. J’ai trouvé ça incroyablement révolutionnaire, parce que ça casse avec la peinture. C’est plus facile à imprimer, on peut faire un livre."

Le photographe décrit l'une de ces "photos littéraires", avec plein d'informations, dit-il. "La moitié de la photo est une prairie, un peu sauvage. Dans l’autre moitié, entre le ciel et le sol, il y a cette maison en bois, cette palissade, montre-t-il. La maison est un peu en train de s’effondrer. On s’imagine que des gens ont vécu là, qu’ils sont partis ailleurs, et c’est très émouvant." 

Depardon USA, c'est aussi un ouvrage publié aux Editions Xavier Barral.

Depardon USA 1968-1999 exposé à Arles - un reportage d'Anne Chépeau
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