Photos, photographes, France info

Quand la France a retrouvé la liberté

C'est l'une des photos de Robert Doisneau qui a été choisie pour la couverture. Un bal, un 14 juillet. Des amoureux, elle surtout qui regarde avec passion celui avec qui elle danse... au loin, très loin deux cheminées nous disent que nous ne sommes pas à Paris. Mais pas du tout car en 1954, rue de Nantes, dans le 19ème, le monde ouvrier est encore bien présent.

(©)

Quelques
années plus tôt à Joinville le Pont , même amour de la fête, Willy Ronis a saisi
la fougue d'un jeune garçon qui fait danser en même temps deux jeunes
filles...

Des
clameurs aussi, mais cette fois ce sont les petits qui sont concernés. Sur
les Champs Elysées, Guignol mobilise un public qui ne demande qu'à
rire ou trembler, et pourquoi pas en même temps. Derrière l'objectif un
magicien, Edouard Boubat , capable de tout nous montrer à la fois.

Ces enfants
c'est la France de 1952 qui ne connait pas encore la télé. Suit une très belle
série de Jean Philippe Charbonnier , un carrousel, des autos tamponneuses,
Mardi gras et carnaval car en ce temps tout le monde se déguisait.

Après la
guerre, la moitié des français vit toujours à la campagne, et même si les
premiers tracteurs arrivent,  les moissons dans la Loire n'ont pas changé
depuis des siècles, et dans les Hautes Alpes, du côté de La Salette, la
transhumance rythme le calendrier. Le monde va changer mais personne ne pense vraiment  à demain.

En ville,
dans les années 50, tout de suite après les cartes d'alimentation on a
retrouvé le goût de la bonne bouffe.

Robert
Doisneau
encore lui, nous emmène aux Halles . Le ventre de Paris  c'est la
France qui veut vite oublier qu'elle a eu faim. Boubat nous invite chez un
fromager, c'était bien avant l'euro le camembert vaut 54 francs, anciens
francs pour être très précis.

Dans les
villages du Midi , où il n'y a aucune voiture, les vieux peuvent se
parler en toute tranquillité. Hans Silvester regarde avec tendresse
celles et ceux qui passent toutes leurs journées sous les platanes, ils parlent
de tout et surtout de rien. Ce rien essentiel qui a été balayé avec l'arrivée
de l'auto ou de la télé réalité.

On a bien
compris qu'à l'époque on arrivait parfaitement à vivre sans téléphone. On se
parlait ou on s'écrivait..

La
 France d'hier
vue par les plus grands photographes c'est aux Editions
Gründ
.

(©)