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Kiev dans le zoom

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Une révolution. Des insurgés, des barricades, un pouvoir qui n'hésite pas à faire tirer sur les manifestants et puis la victoire des combattants. Les reportages sur France Info nous ont fait partager pendant plusieurs jours ces heures de passion. Voici un regard supplémentaire.  Celui de notre confrère Nathanaël Charbonnier, journaliste de la même équipe, qui a choisi de partir avec ses appareils photos.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
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Le reportage de Nathanaël Charbonnier "Les larmes de Kiev" dans leditiondudimanche.com

L'histoire s'est invitée en Ukraine un 22 février 2014 .

En quelques heures, la ville de Kiev a basculé en faveur des manifestants de la
fameuse place de l'indépendance. Barricades, pneus, rires, larmes, cercueils,
discours se sont mélangés pour faire de cette journée, celle où le pouvoir est
tombé. L'édition du dimanche y était.

Il est des lieux qui deviennent historiques. Cette fameuse
"Maïdan de l'indépendance" l'est ainsi devenue. C'est là que 24
heures sur 24, les manifestants pro-européens se relaient pour s'exprimer à la
tribune, chanter et prier en mémoire des victimes. C'est là que vous trouverez
toujours à manger, que vous approcherez les membres de secteur droit, les
hommes armés nationalistes qui ont assuré la sécurité et combattu la police.

Tous les
combattants tombés lors des assauts des berkouts, les membres de la police du
Président Ianoukovitch, reçoivent un hommage devant la foule. Les cercueils
sont d'abord posés devant la scène où ils reçoivent la bénédiction des prêtres,
puis ils sont emportés dans un silence respectueux. Durant toutes les
cérémonies, les manifestants offrent des fleurs et déposent des billets dans
les urnes qui ont été posées là.

Cela a été l'une des
premières décisions du parlement, faire libérer, Ioulia Tymochenko . Opposante
historique mais aussi controversée issue de la fameuse révolution "orange"
de 2004. Richissime, cette oligarque est connue pour ses fameuses tresses sur
la tête. Samedi soir, cette femme de fer, comme on la surnomme aussi, n'a pas
pu terminer son discours devant la foule mi joyeuse mi crédule devant cette
femme au parcours trouble. 

Ils
sont jeunes, ils sont vieux, ils ont le visage grave, ils sourient aussi. Ils
sont debout devant le podium qui se trouve au coeur de la place de
l'indépendance. Ils sont là, le plus souvent dans le calme ou se mettent à
chanter en levant le poing de la victoire. Quand le soir arrive, on peut voir
apparaitre dans leurs mains, ces bougies de toutes les couleurs qui vont
éclairer la place durant toute la nuit et qui symbolisent le coeur de ceux qui
sont tombés pour la liberté.

Secteur
droit...Les nationalistes veillent. Ils traversent la foule au pas de charge. Ils
ont toujours une bat de baseball dans la main, mais si vous prêtez attention,
vous pourrez voir aussi dépasser de longs couteaux sous leurs manteaux. Les
hommes de secteur droit, ces nationalistes qui assurent la sécurité de la
place, vont et viennent et s'occupent de la circulation dans les lieux. Jamais
agressifs, toujours menaçants, leurs ordres sont respectés. Ce sont eux qui ont
perdu le plus d'hommes dans les massacres.

Ils
sont nombreux les souvenirs que l'on ramène de Maïdan. Il y a la foule, il y a
cet odeur de pneus brulés, il y a ces drapeaux. Il y a aussi ces pavés par
milliers qui sont posés là sur le sol. Et puis, il y a ces fleurs. Ces œillets
rouges, blancs, qui au fil des heures ont été déposés pour devenir une sorte de
tapis du souvenir. Et même lorsque la nuit est tombée, elles restent là, plus
présentes que jamais avec les lueurs tremblantes des flammes des bougies.

Nathanël Charbonnier

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