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Le décryptage éco. Hollande en visite chez Sarenza : ce que lui dira le patron de ce champion de l'e-commerce

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François Hollande va inaugurer lundi 10 octobre en Seine-et Marne, le centre logistique de l’entreprise Sarenza, l’une des plus belles réussites françaises du commerce en ligne. Avec quel objectif ?

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Radio France
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Les bureaux Sarenza à Paris (JOEL SAGET / AFP)

François Hollande va inaugurer le centre logistique de Sarenza lundi 10 octobre pour une première raison évidente: c’est que le seul vrai moteur des créations d’emplois se situe dans le secteur privé et plus particulièrement dans le secteur ultra-dynamique du commerce en ligne. On l’a vu encore la semaine dernière avec des annonces d’investissements d’Amazon et de C-Discount. Sarenza est exactement le prototype des entreprises qui embauchent, et d’abord des jeunes, la moyenne d’âge des salariés de Sarenza est de moins de trente ans. Sarenza est une entreprise de vente de chaussures en ligne et d’accessoires, elle est en pleine expansion, elle fait vivre aujourd’hui près de 500 personnes et son chiffre d’affaires va progresser de 20% cette année, la moitié réalisé hors de France. 

Sarenza se dote donc du centre logistique le plus moderne d’Europe, à Réau en Seine-et -Marne, avec le nec plus ultra de la technologie, pensez qu’avec ses bras automatisés, ce centre pourra gérer jusqu’à 40 000 livraisons de paires de chaussures par jour. La livraison en 24h, c'est d'ailleurs le slogan de Sarenza. Et ne croyez pas que les robots fassent disparaître tous les emplois, puisque 110 personnes feront tourner cet entrepôt high-tech.

Et que va dire le patron de Sarenza au président Hollande ?

Stéphane Treppoz fait parti du petit nombre d’entrepreneurs qui jugent utile et important de s’exprimer dans le débat public. La première chose qu’il devrait dire lundi matin au président de la République, c’est l’importance vitale de l’équité fiscale, c’est-à-dire que les mêmes règles fiscales s’appliquent à tout le monde et notamment à ces entreprises américaines championnes de l’optimisation. Stéphane Treppoz se réjouit de voir enfin une procédure européenne engagée contre Apple en Irlande, et comme les patrons de la FNAC, de showroomprivé et bien d’autres, il aimerait par dessus tout que Bruxelles et Bercy s’intéressent au cas d’Amazon, le géant américain du commerce en ligne qui lui aussi pratique l’optimisation fiscale. Le raisonnement est limpide : la France ne parviendra pas à faire émerger de grandes entreprises nationales dans le commerce en ligne si tout le monde n’applique pas les mêmes règles en France et en Europe. C’est le chantier prioritaire pour ce chef d’entreprise pour voir décoller l’économie numérique.

L’Etat aide-t-il assez ces nouvelles entreprises de l’économie numérique ?

Il y a des choses utiles qui ont été faites. Le cas de Sarenza est assez éloquent : l’entreprise n’aurait pas cette taille si elle n’avait pas été soutenue par la BPI, la banque publique d’investissement, qui lui a permis de réaliser la plus importante levée de fonds en France pour un site internet, une levée de 74 millions d’euros. On peut ajouter que le label  "French Tech" déployé en France a permis de renforcer et d’identifier des écosystèmes mêlant des start-up, des universités, des partenaires publics et privés. Tout cela a été utile. Ensuite, et le patron de Sarenza le dira certainement à François Hollande, les entrepreneurs de ces secteurs qui se développent très vite réclament une simplification et une stabilité du droit et des règles du travail. Mais ces deux exigences semblent les plus difficiles à mettre en oeuvre, et pas seulement parce qu’on est en France, mais parce que les mutations du travail commandent que l’on réinvente un système qui conjugue plus de  souplesse, plus de liberté, mais aussi de nouvelles sécurités. Voilà un beau et grand chantier dont devraient s’occuper les responsables politiques.


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