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Nouveau monde. L’UFC Que Choisir accuse Nintendo d’obsolescence programmée

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Une panne récurrente sur les manettes de la console Nintendo Switch empoisonne la vie des joueurs. 

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Les manettes de la console Switch de Nintendo. (KAZUHIRO NOGI / AFP)

L’association UFC Que Choisir porte plainte contre le géant japonais NintendoC’est devenu un quasi-scandale et il porte un nom : "Joy-Con Drift", du nom des Joy-Con, les petites manettes de la console Nintendo Switch, sortie en 2017. Certaines ne répondent plus normalement et des personnages de jeu deviennent incontrôlables à l’écran. Un phénomène qui dure depuis plusieurs années et qui toucherait des milliers de joueurs dans le monde.

Au début Nintendo obligeait à payer 45 euros pour remplacer une manette n’étant plus couverte par la garantie légale. Face à l’ampleur du phénomène, la marque japonaise a assoupli ses conditions commerciales et remplace désormais gratuitement les manettes défectueuses. Nintendo a même présenté ses excuses. Mais le problème est que, visiblement, le défaut demeure, y compris sur les séries récentes.

Obsolescence programmée ou simple défaut de fabrication ? 

Aux États-Unis, une action collective a été entamée. Elle piétine depuis l’année dernière. En France, l’UFC Que Choisir, qui affirme avoir recueilli plus de 5000 témoignages, a choisi une voie juridique différente, inattendue : elle porte plainte pour obsolescence programmée. L’obsolescence programmée est un concept souvent mis à toutes les sauces. A priori, ce problème ressemble surtout à un défaut de fabrication. Cela fait penser à un souci du même genre sur certains claviers des ordinateurs portables Apple, qui se bloquent à cause de la poussière, à propos desquels on n’a jamais parlé d’obsolescence programmée.

Le délit d'obsolescence programmée est récent en France. Il a été créé par la loi de 2015 sur la transition énergétique. Les sanctions sont lourdes, puisqu’elles peuvent aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende, voire 5% du chiffre d'affaires annuel.

"Créer un électrochoc"

L’UFC Que Choisir ne s’en cache pas : elle veut créer un électrochoc et "casser la spirale", selon les termes de Raphaël Bartlomé, responsable du service juridique de l’UFC-Que Choisir. Selon l’association, le fait que le défaut n’ait toujours pas été réglé et qu’il incite les gens à racheter des manettes pour régler le problème au plus vite pousserait à la consommation, comme si c’était fait exprès.

L’instruction de cette plainte et la décision de justice seront donc particulièrement intéressantes à suivre, par rapport à la notion même d’obsolescence programmée.

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