Nouveau monde, France info

Nouveau monde. Facebook veut créer sa propre monnaie : faut-il s'en inquiéter ?

Le réseau social aux 2,3 milliards d’amis pourrait créer sa propre cryptomonnaie afin de permettre les transactions commerciales sans friction dans sa sphère.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Le logo de Facebook, sur une tablette tactile.
Le logo de Facebook, sur une tablette tactile. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Ferons-nous nos achats en "Facebook coins" l’année prochaine ? Possible. Facebook travaille actuellement à l’élaboration d’une monnaie numérique basée sur la technologie blockchain, une cryptomonnaie comme le Bitcoin, qui pourrait être lancée à l’été. Cette cybermonnaie permettrait de régler des achats dans l’environnement Facebook (Messenger, WhatsApp, etc.) de manière simple. Il serait possible, par exemple, d’acheter un produit ou un service commercialisé sur la page Facebook d’un cybermarchand, de commander un VTC, un billet de train ou d'avion sur Messenger. Facebook vient de passer un partenariat avec la SNCF, on peut imaginer, demain, payer son billet de train sans utiliser sa carte bancaire.

Faut-il s’en inquiéter ?

La monnaie est un élément régalien symbolique qui forge la souveraineté des États. En même temps, créer une cryptomonnaie n’est pas très compliqué. Tous les géants du numérique y pensent, qu’ils soient Américains ou Chinois. C’est dans l’air du temps. Le problème de Facebook tient dans l’échelle de la plateforme. Facebook est un pays, un continent même, de 2,3 milliards d’habitants à travers le monde. Il s’agirait donc de la première cybermonnaie transnationale qui viendrait renforcer la toute-puissance de cette plateforme et potentiellement concurrencer les États.

Des risques liés à la sécurité

Cela dit, le risque n’est pas forcément où on l’on croit. Trois problèmes plus concrets pourraient se poser. D’abord, la sécurité. Facebook n’a pas brillé ces derniers temps en matière de protection des données. Ensuite, si cette sécurité était renforcée, n’y aurait-il pas le risque d’avènement d’une économie parallèle, incluant trafics en tous genres et blanchiment d’argent ? Enfin, de manière moins évidente se poserait sans doute un risque environnemental car la cryptomonnaie est grosse consommatrice d’énergie.

Le logo de Facebook, sur une tablette tactile.
Le logo de Facebook, sur une tablette tactile. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)