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Nouveau monde. Ces techniques d’addiction qui nous collent aux écrans

Toutes sortes de "trucs" ont été inventés pour encourager l’addiction aux écrans numériques. En même temps, les fabricants et éditeurs de logiciels proposent aujourd’hui des outils pour limiter la casse.

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Un homme tient un smartphone dans sa main (illustration).
Un homme tient un smartphone dans sa main (illustration). (KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP)

Alors que les "journées sans téléphone portables" ont lieu du 6 au 8 février, il est bon de rappeler que, si nous sommes accros à nos mobiles, ce n’est pas par hasard. Les fabricants rivalisent d’ingéniosité pour nous inciter à passer du temps sur nos écrans. Toutes sortes de techniques ont été développées pour nous enchaîner à nos précieux smartphones et tablettes. Par exemple, le système des notifications, jadis réservé aux e-mails, au début des années 2000, s’est étendu aujourd’hui à toutes les applications mobiles. Ce n’est pas sans conséquence.

Réseaux sociaux : champions de l’addiction

Les réseaux sociaux font appel aux neurosciences pour développer l’accoutumance, à travers des interfaces minutieusement étudiées (menus, boutons, couleurs, etc.). Les likes, les réponses et autres retweets provoquent en nous des réactions positives qui flattent notre ego et encourage l’addiction. Cela s’appuie sur un phénomène physiologique du cerveau appelé circuit de la récompense, qui a pour effet de déclencher des sécrétions de dopamine, l’hormone du plaisir.

Enfin, le design lisse et arrondi des appareils n’y est pas non plus pour rien. L’usage de matériaux doux, comme le verre ou l’aluminium, incite à les manipuler, et même… à les caresser.

Des outils pour lâcher prise

Cependant, après avoir tout fait pour nous enchaîner aux écrans, aujourd’hui, la tendance est au lâcher prise. Les fabricants et éditeurs de logiciels proposent des outils pour nous aider, en principe, à moins utiliser nos smartphones.

Cela passe, d’abord, par la généralisation de la mesure du temps passé sur les applications. Instagram a été l’un des premiers à proposer un compteur d’heures et de jours, puis YouTube. Aujourd’hui, le temps d’utilisation est comptabilisé globalement sur iPhone, depuis iOS 12, avec la fonction "Temps d’écran" et sur Android, depuis la version 9, avec l’application "Bien-être numérique". Ces outils permettent de connaître, en temps réel et après-coup, le temps passé, chaque jour et chaque semaine, sur chaque type d’applications.

Bien que paradoxal, cette tendance vient directement de Californie où la mode du zen est à l’honneur depuis plusieurs années. Selon les entreprises concernées, il s’agit de faire preuve de responsabilité sociale. Les considérations économiques n’y sont sans doute pas étrangères, cependant. Il s’agit pour les plateformes de prendre les devants afin de d’éviter de devoir faire face à de nouveaux problèmes au cas où les accusations viendraient à se multiplier.

Des conseils pour décrocher

Pour réduire sa consommation numérique, on peut commencer par bien paramétrer ses notifications, afin de ne pas être dérangé en permanence par n’importe quoi. On peut aussi utiliser une montre connectée, qui évite de sortir son smartphone à chaque instant. Les fonctions de mise en sourdine ("Ne pas déranger", sur iPhone) sont également bien pratiques. Sur le Google Pixel, le simple fait de retourner l’appareil désactive les notifications.

Pour protéger les enfants, les parents ont tout intérêt à paramétrer des durées maximales d’utilisation (réglages à effectuer dans les paramètres du téléphone). Enfin, pendant les vacances, pourquoi ne pas désinstaller momentanément les applications les plus chronophages, histoire de faire un break ?

Un homme tient un smartphone dans sa main (illustration).
Un homme tient un smartphone dans sa main (illustration). (KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP)