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Les progrès inquiétants de la reconnaissance faciale

Reconnaître et identifier une personne à partir de sa photo, comme dans les séries policières, est aujourd’hui une réalité. La reconnaissance faciale fait des progrès phénoménaux. Un phénomène fascinant mais plutôt inquiétant pour la vie privée.
Article rédigé par Jérôme Colombain
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 8 min
  (La ville de Nice a testé un système de surveillance par reconnaissance faciale en vue de l'Euro 2016 © Maxppp)

L’application fait un malheur et crée la polémique en Russie : FindFace permet d’identifier des gens dans la rue simplement en les prenant en photo. Il ne lui faut que quelques secondes pour vous apprendre que l’inconnue assise en face de vous dans le métro est, par exemple, une adepte de la plongée sous-marine. Ou tout autre chose… Selon Rue 89 qui l’a testée , l’appli serait plutôt efficace avec un taux de réussite de plus de 70%. Pour cela, FindFace utilise les données du réseau social Vkontakte, le Facebook russe. C’est la raison pour laquelle elle fonctionne pour l’instant uniquement en Russie. Mais ses créateurs seraient même en contact avec des entreprises high-tech de la Silicon Valley pour améliorer et développer leur application.

Intelligence artificielle

Techniquement, comment fonctionne la reconnaissance faciale ? Un logiciel ne « reconnaît » pas une personne comme vous et moi. Il a une approche plus technique. Il prend des points de repère biométriques. Il mesure, par exemple, l’écartement des yeux ou la forme de la bouche. La reconnaissance faciale est en train de faire d’énormes progrès grâce à l’intelligence artificielle et au « deep learning » (le programme apprend au fur et à mesure à partir de ce qu’il analyse). La reconnaissance faciale est de plus en plus utilisée au quotidien. Par exemple, le système Hello de Microsoft permet de déverrouiller son ordinateur juste en se plaçant devant la webcam.

Une technologie effrayante

La reconnaissance faciale, c’est vraiment Dieu et le Diable en même temps. Il y a du « bon », comme le fait de pouvoir identifier des terroristes ou encore d’aider, peut-être un jour, tous ceux qui souffrent de prosopagnosie (le fait de ne pas reconnaître les visages, même connus). Et puis, il y a aussi du « mauvais ». Si n’importe qui peut identifier une personne dans la rues, c’est la vie privée qui risque d’en prendre un coup. Le danger, c’est à partir du moment où l’on met en corrélation la reconnaissance d’un visage avec une base de données pour obtenir des informations. Par exemple : un réseau social, comme le fait FindFace avec Vkontakte.

Que dit la loi ?

En Europe, la reconnaissance de visages est strictement encadrée. Les systèmes de reconnaissance de Google et de Facebook sont interdits sur le Vieux Continent. Aux Etats-Unis, jusqu’à présent plus tolérants sur le sujet, Facebook est néanmoins poursuivi depuis peu par des internautes et devra s’expliquer prochainement face à la justice américaine à ce sujet.

 

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