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Le filtrage du Net à nouveau en question

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Les sites de streaming pirate sont dans le collimateur de la justice. Le tribunal de Paris doit examiner jeudi prochain le recours déposé par plusieurs associations d'ayants droit contre le piratage sur Internet. Des voix s'élèvent contre la décision qui pourrait être rendue.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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Franceinfo (Franceinfo)

Les professionnels
du cinéma et de la vidéo espèrent obtenir le blocage et l'effacement des
moteurs de recherche de quatre sites Internet qui référencent des vidéos
piratées (sites de la galaxie Allostreaming). Mais l'affaire va au-delà et elle
pose en réalité la question du filtrage automatique d'Internet.

Filtrage automatique

Sur le blocage des sites en question, les ayant droits
obtiendront sans doute gain de cause. Toutefois, lorsqu'un site est interdit,
on sait qu'il ressurgit rapidement sous une autre forme. Aussi, pour la
première fois, les ayant droits vont plus loin en demandant au juge la
possibilité de bloquer par leurs propres moyens, sans faire appel à un tribunal,
les sites miroirs qui ne manqueront pas de voir le jour une fois que la
première interdiction aura été prononcée.

Blanc seing

Cette mesure, si elle était accordée, serait une première.
Elle correspondrait à une sorte de blanc seing donné aux ayant droits pour
faire leur propre police sur Internet. C'est
en tout cas ce que dénoncent certains spécialistes de la question comme
Jean-Michel Planche, pourtant expert auprès de la Hadopi, qui considère, en
substance, que cette fois les ayants droits vont trop loin et court-circuite
tous les efforts menés actuellement pour arriver à des solutions concertées (L'ALPA-taugas, pleins pieds dans le plat).
Idem du côté de la député UMP en charge du numérique, Laure de la Raudière, qui
a également fustigé, dans un billet sur Rue89, la plainte des syndicats du
cinéma (Non à une surveillance généralisée d'Internet par une police privée). En France, une seule loi a été votée pour organiser le blocage de site
sans jugement : la loi sur la sécurité LOPPSI 2 pour les sites
pédopornographiques. Réponse donc jeudi 15 décembre.

Mégaupload entre en scène  

Pendant ce temps, sur le Web, on assiste à un drôle de bras
de fer : le plus grand site de streaming et de "direct download", Megaupload/Megavidéo
basé à Hong Kong, vient de s'offrir une vidéo de publicité dans laquelle apparaissent
des artistes comme P. Diddy, Will.i.am ou Alicia Keys. Megavideo se défend
d'être un site pirate. Cependant, cette vidéo a été retirée du Web à la demande
de la major Universal. Allez donc y comprendre quelque chose…

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