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Compteur Linky d'ERDF : 3 raisons d'avoir peur... ou pas

Comme beaucoup d'innovations technologiques avant lui (téléphone portable, carte Vitale, etc.) le compteur connecté Linky d’ERDF fait à son tour l'objet de craintes. Des associations et même des communes s’opposent à son déploiement. Les raisons techniques invoquées paraissent cependant peu crédibles.

(Les nouveaux compteurs connectés Linky doivent permettre de faire des économies d'énergie © Eric Gaillard / REUTERS)

Premier motif crainte : dangereux pour la santé ?

Linky est connecté à internet. Non pas en Wifi mais via les CPL (Courants Porteurs en Ligne), c'est-à-dire les fils électriques, un système déjà utilisé dans de nombreux foyers. Il n’y a pas d’émetteur direct mais on peut constater des rayonnements au niveau des câbles. Dangereux ? D'abord, les émissions électromagnétiques ne sont pas classées "cancérogènes" mais "cancérogènes possibles" (OMS), ce qui n’est pas la même chose (cela signifie qu’aucune étude n’a prouvé un danger réel). Surtout, ces rayonnements sont extrêmement faibles, de l'ordre de 0.1 v/m ! C'est 1000 fois moins qu’un réfrigérateur ou fer à repasser et 150 fois moins fort qu’une ampoule basse consommation. Certes, on peut toujours développer toutes sortes de théories au nom du principe de précaution (Robin des Toits). Il y a aussi le cas très particulier des personnes électro-sensibles qui ont déjà le plus grand mal à vivre dans notre monde d'aujourd'hui, au milieu des téléphones mobiles, de la radio et de la télévision...

Deuxième crainte : Big Brother ?

Le compteur connecté collecte la « courbe de charge » c'est-à-dire des mesures de consommation du foyer à intervalles réguliers. Cela peut renseigner sur les habitudes de vie comme la présence ou non des membres de la famille à la maison. Comme il s'agit d'informations à caractère personnel, la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) a été consultée. Celle-ci a donné son accord pour la transmission des données à l'opérateur dans un cadre légal précis. Ainsi, le client peut s’opposer à cette transmission et même changer d’avis après installation du compteur. Contrairement à certaines affirmations, le compteur lui-même ne surveille pas l'utilisation électrique pièce par pièce ou appareil par appareil. Cependant, cela pourra être possible, sur demande de l'abonné auprès de prestataires tiers grâce à des équipements complémentaires, afin d'analyser en détail une consommation électrique en vue de réaliser des économies.

Troisième crainte : le piratage ?

En 2012, des hackers ont craqué le compteur connecté allemand « smart meter ». En matière de sécurité informatique, le risque zéro n’existe pas (des hackers ont également piraté des voitures et des centrales nucléaires...). Pour faire face à ce risque, les connexions du Linky sont bien entendu sécurisées et une puce détecte même toute tentative d'intrusion physique dans le compteur. Le compteur Linky est donc soumis aux mêmes contraintes que tout notre environnement numérique actuel, ni plus ni moins.

Peur irrationnelle ?

Les craintes autour compteur Linky sont sans doute révélatrices d'une certaine inquiétude quant à la tendance au "tout connecté". Ce qui semble utile et inéluctable à certains parait trop novateur et intrusif pour d'autres. Rappelons que le but du jeu est de faire des économies d’énergie, non seulement individuelles mais aussi collectives dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Compteur Linky d'ERDF : dangereux ou pas ?
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(Les nouveaux compteurs connectés Linky doivent permettre de faire des économies d'énergie © Eric Gaillard / REUTERS)