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Ah, si Apple était français...

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On revient sur l'affaire AppGratis qui a agité le Web la semaine dernière avec même une prise de position de la ministre du numérique Fleur Pellerin.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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Ah si Apple ou Google étaient français ! Les choses seraient
plus simples. Seulement voilà, le rêve d'un grand acteur numérique hexagonal ou
même européen s'éloigne de plus en plus.

Voici donc cette histoire. L'histoire d'AppGratis ou encore
de l'éditeur de BD numérique Iznéo, des applications françaises promises à un
bel avenir économique, boutées hors du magasin d'applications de l'iPhone. Et une
ministre du numérique prenant fait et cause pour la start up parisienne, promettant
même d'aller ferrailler au niveau européen contre la position dominante de la
marque à la pomme.

Face à face idéologique

Dans cette affaire, deux logiques s'affrontent.

D'un côté : ces petites entreprises dont l'activité repose
presque à 100% sur un écosystème qui n'est pas le leur mais qui en appellent au
sens des responsabilités de ces grands acteurs américains.

De l'autre : ces firmes qui, au départ, n'ont rien demandé à
personne. Steve Jobs, lui-même, au début, ne voulait pas entendre parler
d'applications faites par d'autres. Apple se croit aujourd'hui autorisée à
faire le ménage comme bon lui semble parmi les programmes qui squattent sa
plateforme. Android paraît plus ouvert mais attention, face aux abus, aux
applis pleines de fonctions cachées et de virus, Google annonce lui aussi sa
volonté de resserrer la vis.

Les limites du système

En fait, c'est paradoxal : comment demander à la fois à ces sociétés
de filtrer le moindre contenu raciste ou révisionniste selon notre vision du
monde et, en même temps, de ne surtout jamais appliquer la moindre restriction
? Il n'y a pas de monde parfait. C'est aussi en maintenant un App Store
aseptisé, qu'Apple garantit un iPhone pour tous les âges et, à ce jour, moins
vulnérable qu'Android.

Nombreux sont ceux qui pensent qu'AppGratis a un peu trop flirté
avec la ligne jaune, notamment en intervenant artificiellement sur le
classement des applis les plus téléchargées.

Finalement, cette affaire ne montre-t-elle pas les limites
des sacro-saintes applications mobiles qui ne seraient peut-être pas une si
bonne idée ? A côté cela, il reste toujours le Web, ouvert et n'appartenant à
personne. C'est d'ailleurs la voie choisie désormais par les start up évincées
pour se développer.

Oui, si Apple ou Google étaient des entreprises françaises
nationalisées, ce serait forcément plus simple. Quoi que...

 

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