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Les professionnels de l’enfance sont contre la garde alternée

La loi qui confirme l’exercice de l’autorité parentale conjointe et de la résidence alternée vient d’être adoptée par l’Assemblée nationale. Lors d’un divorce ou d’une séparation, les parents devront choisir cette solution de préférence à toute autre.

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(© Maxppp)

La garde alternée est loin de faire l’unanimité chez les pédopsychiatres et les professionnels de l’enfance. Ils ont lancé une pétition contre la résidence alternée pour souligner l’aberration que représente ce système pour les jeunes enfants et les bébés. Une semaine chez maman, une semaine chez papa.

 

Du point de vue des enfants, en effet, ce n’est pas très étonnant : on sait, et tout le monde s’accorde à le dire, que les petits et les moins petits ont besoin de stabilité et de sécurité. Or,  à intervalles réguliers, ils doivent changer de cadre et d’habitudes, ce qui est très difficile. Myriam Szejer, psychiatre et psychanalyste, souligne que  pour un tout petit, il ne doit pas y avoir de séparation prolongée entre la mère et l’enfant qui a un besoin essentiel du corps à corps avec sa mère pour pouvoir grandir et s’autonomiser. Les signataires de l’appel emploient le terme de "risque prouvé pour le développement affectif des enfants."

Un problème aussi pour les parents

La garde alternée n’est pas encore la norme, seuls 18% des couples qui divorcent à l’amiable choisissent cette solution. Les mères ne vivent pas obligatoirement comme une victoire le fait d’être plus disponible une semaine sur deux. Du côté des femmes, l’inquiétude, la culpabilité sont les grands compagnons de la résidence alternée. Certains parents parlent aussi d’un sentiment de contrainte, d’enfermement dans une situation qui bloque toute la famille. Difficultés pour déménager, angoisse des départs et des retrouvailles... Bref, la garde alternée n’est pas le vert paradis du divorce que l’on voudrait dépeindre. La réalité est beaucoup plus complexe et nuancée.

Les troubles chez l’enfant

Cela peut sembler étonnant et pourtant c’est chez la mère que les petits se mettent à avoir des colères, à refuser d’obéir, alors que le père remarque que chez lui, tout va très bien. Cela s’explique par le fait que les enfants expriment leurs craintes et leurs angoisses chez le parent chez lequel ils se sentent en sécurité.

Pas de refus systématique

Il ne faut pas refuser la garde alternée, mais il faut bien y penser, se mettre dans la perspective de ce qui convient le mieux aux enfants, s’interroger sur la façon dont on peut faire peser sur eux le poids de nos problèmes d’adultes et tenter de garder la tête froide. C’est de cette manière- là que la garde alternée pourra trouver un rythme plus apaisé, qui ira mieux à tout le monde.

A lire :

Le livre blanc de la résidence alternée, penser la complexité , de Chantal Zaouche-Gaudron et Gérard Neyrand, chez Erès

 

(© Maxppp)