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Les experts psychiatres

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L’affaire de Chambon-sur-Lignon a mis les projecteurs sur plusieurs sujets : la question de la récidive, la prise en charge des délinquants mineurs, le secret sur le passé judiciaire des personnes. Et puis le personnage de "l’expert psychiatre". On parle beaucoup de ces experts psychiatres, mais qui sont ils vraiment ? Comment sont-ils choisis ? Comment travaillent-ils ? Pour en parler, Anne Laure Gannac rédactrice en chef adjointe à Psychologies Magazine.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
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L'expert psychiatre est d'abord un médecin qui a fait une spécialisation en psychiatrie, le fait de devenir expert auprès des tribunaux dépend de sa seule volonté. Il dépose une candidature auprès du procureur de la république, cette candidature est examinée par une commission de magistrats puis une fois qu’elle est validée, le psychiatre prête serment. Dès lors, il peut être appelé à intervenir sur une affaire.

L'expert psychiatre est recruté sur avis du tribunal de son adresse professionnelle et par une commission de magistrats de la cour d’appel. Les critères sont les expertises qu’il a déjà pu faire, l’avis de magistrats qui l’ont fait travailler, éventuellement ses diplômes, les formations complémentaires qu’il a pu suivre en criminologie, en victimologie…

Il n'est pas sur des listes de manière définitive et doit représenter sa candidature tous les cinq ans et rendre compte des expertises qui ont été faites.

Roland Coutanceau, expert psychiatre et criminologue, explique que l'expertise est un examen classique comme il peut en faire dans un cabinet privé ou aux urgences, il reçoit le patient et procède à un examen qui vise à déterminer si le patient souffre de maladie mentale ou non. Il s’agit ensuite de déterminer le type de caractère, les éventuels troubles de la personnalité : tendance paranoïaque, mégalomaniaque, immaturité, anxiété, addictions, etc…

Il y  a ce que Roland Coutanceau appelle les deux "patates chaudes" de l’expertise, c'est-à-dire que l’expert en est venu à devoir se prononcer sur : la crédibilité des victimes : est-ce que leur témoignage est fiable ? C’est le sujet qui est sur le devant de la scène médiatique en ce moment avec l’affaire Agnès, la dangerosité criminologique. Peut-on dire si cette personne est dangereuse ou pas ? Est-ce qu’il y a un risque de récidive ?

Ils se sont décentrés de leur fonction première. On leur demande de jauger le risque que l’acte se reproduise. Ce qui veut dire que ce n’est plus seulement l’homme qui les préoccupe, mais l’acte lui-même. Cela relève de la criminologie. Pour prendre la mesure de cette dangerosité criminologique le seul paramètre de l’étude de la personnalité du patient ne suffit pas. Les éléments trahissant un risque de récidive sont aussi dans les modalités du passage à l’acte. Quelle arme a été utilisée, est-ce que l’agression a été faite sur un membre de la famille ou à l’extérieur, est-ce qu’il y a eu séquestration ou pas, etc… Autant d’éléments qui, du point de vue du criminologue, aide, statistiquement, à évaluer le risque de récidive.

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