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Californie : des camps de détox numérique

François Siegel, éditeur de la revue "Wedemain", nous emmène dans la Silicon Valley sur les chemins de la Californie déconnectée.

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La Silicon Valley c’est 6.000 entreprises de haute technologie, un PIB équivalent à celui du Chili, et le pionnier de la déconnection numérique. Sur la terre des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), fleurissent des écoles et cafés sans Internet, et on prend des congés sabbatiques numériques.

D’après une étude de l’université de Californie, les employés américains sont détournés de leur tâche principale toutes les trois minutes en moyennes, par un texto, un mail, ou Facebook. Cette distraction perpétuelle plongerait, selon la chercheuse et ancienne vice-présidente de Microsoft Linda Stone, dans un état d’attention continue partielle. Nous sommes toujours sur le qui-vive, prêts à répondre à la moindre sollicitation. Résultat : il est impossible de se concentrer.

L’apnée de l’écran

Linda Stone a découvert que derrière un écran, la majorité d’entre nous retenait son souffle. Le rythme cardiaque augmente alors en moyenne de 15 battements par minute, ce qui augmente notre stress et diminue notre capacité de concentration.

Du burn-out à la déconnection

Le risque est le burn-out. En 2009, Levi Félix donne tout pour la start-up qu’il a crée, disponible 24 heures sur 24 travaillant 70 heures par semaine. Jusqu’au crash, sa vie surconnectée le mène aux urgences. Félix décide alors de tout plaquer et part faire un tour du monde pendant plus de deux ans. C’est en rentrant qu’il décide de s’engager pour aider les autres à ne pas reproduire ses erreurs.

Félix décide de lancer les Digital Detox camps : des stages de plusieurs jours durant lesquels téléphone portable et discussion de travail sont bannis. Durant cette période de sevrage, on tape à la machine à écrire, on pratique le yoga et l’escalade, pour se reconnecter avec soi-même et ressentir la plénitude de la déconnection totale, étape indispensable sur la voie de la reconstruction. Un mouvement suivi par de nombreux cafés en Californie.

Au Four Barrel Coffee à San Francisco. On peut y boire un café fraichement torréfié tout en consultant de vrais livres, à la Waldorf School, les professeurs ont troqué le powerpoint pour des tableaux d’ardoise et les enfants utilisent stylo, scies, machines à coudre mais aucune technologie numérique. C’est ce qu’on appelle la "slow education".

En France

Le mouvement de déconnection n’est pas aussi développé, mais à Vichy, le centre thermal Les Célestin a lancé une cure de digital détox également : quatre jours de soins et de relaxation durant lesquels tous les écrans sont bannis.

Un certain nombre de restaurateurs sont eux aussi exaspérés par la présence de smartphone à table. Alexandre Gauthier, chef étoilé a ainsi récemment apposé un logo d’appareil photo barré sur son menu pour inciter ses clients à s’occuper de leur assiette, plutôt que de leur page Facebook. "On tweete, on like, on commente, on répond... Et le plat est froid ", se désole-t-il.

 

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