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Yannick Haenel, écrivain : "J'ai toujours trouvé les losers magnifiques"

L'écrivain Yannick Haenel est l’invité de "Mise à jour", de Guy Birenbaum, à l'occasion de la sortie de son livre "Tiens ferme ta couronne".

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(JOEL SAGET / AFP)

Yannick Haenel est écrivain et co-fondateur de la revue Ligne de risque. Son dernier livre, Tiens ferme ta couronne (éditions Gallimard), est paru en août dernier. Dans ce roman étonnant et onirique, Yannick Haenel raconte l'histoire d'un homme qui rêve d'adapter au cinéma son scénario sur la vie du grand écrivain Herman Melville, l'auteur de Moby Dick. Le narrateur se tourne vers le cinéaste Michael Cimino, célèbre pour son Voyage au bout de l'enfer notamment, mais qui n'a pas réalisé de film depuis 30 ans.

"Une bande de bras cassés"

"Voilà donc une bande de bras cassés en train de s'exalter sur Melville, l'écrivain le plus génial, mais qui a raté sa vie, avec un cinéaste, le plus génial, mais qui a raté sa vie socialement, et ce narrateur qui est en train de la rater également", explique Yannick Haenel. Il ne cache pas son admiration pour Herman Melville ni pour Michael Cimino : "J'ai toujours trouvé les losers magnifiques, au fond, parce que, dans leur dos, dans le dos de la société, dans le dos de la nuit, il y a leurs auréoles, leurs couronnes", dit-il.

Yannick Haenel confie que la mort de Michael Cimino, le 2 juillet 2016, en pleine rédaction de son roman l'a "paralysé pendant un mois". Mais, poursuit-il, cela "m'a donné la fin du livre finalement".

"Le face-à-face avec la mort nous rend plus vivant"

Tiens ferme ta couronne évoque aussi le terrorisme, avec les attentats de 2015 à Paris en toile de fond, et la mort. "En mourant, ceux que nous aimons nous réveillent", écrit Yannick Haenel dans son roman : "Le deuil est toujours considéré comme étant seulement une suite du malheur, mais le deuil est, au contraire, ce qui peut nous rendre vivant, beaucoup mieux qu'avant, beaucoup plus, confie l'écrivain sur franceinfo. C'est une prise de conscience, comme on dit. Le face-à-face avec les morts, avec la mort, nous rend plus vivant."

Et s'il devait faire une mise à jour, que voudrait corriger, modifier ou effacer Yannick Haenel ? "J'aimerais ne plus cesser de rire, dit-il. En écrivant ce livre, quelque chose m'est arrivé de l'ordre d'un remède au malheur peut-être, qui est une forme d'humour qui s'est glissée dans les phrases. J'aimerais que ça ne me quitte plus."

(JOEL SAGET / AFP)