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Gilles Jacob se souvient du Festival de Cannes 1968, "une année boiteuse"

Gilles Jacob est l'invité de "Mise à jour". L'ancien président du Festival de Cannes se rappelle d'une édition pas comme les autres, en mai 1968.

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Gilles Jacob
Gilles Jacob (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)

Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes, est l'invité de franceinfo lundi 9 avril, un mois avant le début de l'édition 2018 (8-19 mai), et trois jours avant l'annonce de la sélection officielle.

Quel souvenir garde-t-il du Festival de Cannes 1968, 50 ans après ? Un Festival qui s'est terminé avant l'heure, en plein Mai 68, sans qu'aucun prix ne soit décerné. Aujourd'hui, il n'en veut pas à Truffaut et Godard, deux des réalisateurs à l'origine de l'interruption du festival à l'époque : "La France s'arrêtait, c'était normal que le Festival s'arrête. J'étais jeune journaliste et sur le moment on voulait que le Festival se termine parce que ça faisait bizarre d'arrêter tout. Des films étaient projetés, d'autres pas, pas de palmarès... c'était une année boîteuse. Mais il s'était passé tellement de choses cette année-là, historiquement, que l'on pardonne."

Tout le monde voulait parler en même temps, les gens se disputaient, s'engueulaient, Godard a reçu une gifle. Ils se sont même emparés du rideau pour empêcher une projection...

Gilles Jacob

à franceinfo

"Bulle de cinéma"

Il en faut beaucoup pour perturber un Festival de Cannes : "En réalité, du matin jusque tard dans la nuit, les gens sont là pour voir des films et parler de cinéma, explique Gilles Jacob. Il pourrait se passer n'importe quoi dans le monde pendant les douze jours de Cannes, il est excessivement rare qu'on s'en occupe. Il faut l'attentat contre le pape Jean Paul II [mai 1981] ou l'affaire Strauss-Kahn [mai 2011], sinon on est dans une bulle de cinéma, pour le cinéma, par le cinéma."

Dans la préface de son Dictionnaire amoureux du Festival de Cannes, Gilles Jacob compare une salle de projection au ventre d'une mère. "Un endroit où l'on se sent bien, où il fait chaud, c'est douillet et tout peut arriver, y compris l'expulsion."

Gilles Jacob
Gilles Jacob (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)