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Micro européen. Ursula von der Leyen, la première femme présidente de la Commission européenne

Ursula von der Leyen est donc la première femme présidente de la Commission européenne. Portrait d'une personnalité politique dont le père a été l'un des premiers "eurocrates" à la création de la Commission européenne.

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Bruxelles, le 10 septembre 2019. 
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Bruxelles, le 10 septembre 2019.  (THIERRY ROGE / BELGA MAG)

Ursula von der Leyen, la première femme présidente de la Commission européenne est descendante d’une famille de la bourgeoisie de la Hanse. Elle est née à Bruxelles, a été éduquée à l’Ecole européenne de Bruxelles jusqu’à l’âge de 13 ans.

La présidente de la Commission européenne n’est pas une profane concernant les affaires communautaires étant donné que son père, Ernst Albrecht, a été l’un des premiers "eurocrates" à la création de la Commission européenne. On peut dire qu’elle a suivi les pas de son père, puisque Ursula von der Leyen a rejoint la CDU alors que son père en avait été le vice-président fédéral en 1990.

Un début très local

Remportant les élections au sein du parlement du land de Basse-Saxe en 2003, médecin de formation, elle devient ministre de la famille de ce land. Repérée par Angela Merkel, cette dernière fera appel à elle en 2005, afin de prendre en charge le ministère fédéral de la Famille.

Souvent critiquée par la société allemande où bien souvent à l’époque les femmes doivent se décider, soit poursuivre une carrière, soit fonder une famille puisque les crèches et la cantine à l’école n’existent pas, Ursula von der Leyen fut montrée du doigt comme pouvant poursuivre une carrière politique et être mère de sept enfants, ces reproches lui étaient adressés au vu de son statut social.

Mais ce fut pour l’Allemagne une ministre fédérale de la Famille prenant des décisions souvent aux antipodes de la ligne de son parti. Ursula von der Leyen a ainsi poussé au développement des crèches, afin que le tabou de la mère dans l’impasse tombe dans ce pays ; aussi elle s’est battue pour l’adoption de la loi du Kinderförderungsgesetz, soit le financement d’un dispositif de financement d’aides de gardes d’enfants, ou encore la mise en place d’un salaire parental afin de favoriser le congé parental des pères, cela en 2007.

Une ministre très remarquée

Reconduite ministre en 2009 à son poste, alors qu’elle vient d’être élue députée fédérale au Bundestag, Ursula von der Leyen deviendra ministre fédérale du Travail et des Affaires sociales la même année. En 2010, lors du 23e Congrès fédéral de la CDU, Ursula von der Leyen devient vice-présidente du parti.

Favorable à l’instauration d’un salaire minimum en Allemagne, elle mène alors un lourd combat afin que les femmes soient mieux représentées au sein des conseils d’administration. On parie alors beaucoup sur son avenir politique ; on la pressent comme la future présidente de la République fédérale ou bien encore la successeure d’Angela Merkel.

En 2013, Ursula von der Leyen deviendra la première femme ministre de la Défense allemande, et connaîtra une lourde opposition de la Bundeswehr, l’Armée de terre, elle soulèvera le fait lors d’une interview que certains officiers de la Bundeswehr seraient trop proches de l'extrême droite allemande. C’est alors que commence son déclin, décriée pour incompétence, manque de rigueur quant à son budget ministériel, Ursula von der Leyen n’est plus dans les bonnes grâces de l’opinion allemande.

Première femme présidente de la Commission européenne

Le 2 juillet 2019, le Conseil européen désigne Ursula von der Leyen comme présidente de la Commission européenne. Lors de ses auditions au Parlement européen, elle est favorable à "laisser du temps au temps" quant au Brexit ; la mise en place d’un "green deal", soit un plan d’investissement de 1 000 milliards d’euros afin que l’Europe soit le premier continent neutre en carbone en 2050 ; l’instauration d’un salaire minimum ; la fin de l’unanimité des États quant aux dossiers fiscaux entre autre. Elle est élue par le Parlement européen à une courte majorité, 51,3%.

On peut dire qu’une boucle est bouclée, puisque Ursula von der Leyen est la seconde personnalité allemande à occuper le poste de la présidence de la Commission européenne, la première personnalité titulaire était Walter Hallstein, en 1958, date à laquelle le père d’Ursula  était l’un des premiers fonctionnaires européens.  

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Bruxelles, le 10 septembre 2019. 
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Bruxelles, le 10 septembre 2019.  (THIERRY ROGE / BELGA MAG)