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Micro européen. Brexit : les difficultés de Theresa May

Theresa May a donné sa vision de la relation future du Royaume-Uni avec l'Union européenne.

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Theresa May, suivi du président du Conseil européen Donald Tusk, le 25 juin 2018, au 10 Downing Street, à Londres, au Royaume-Uni.
Theresa May, suivi du président du Conseil européen Donald Tusk, le 25 juin 2018, au 10 Downing Street, à Londres, au Royaume-Uni. (LEON NEAL / AFP)

Les propositions de Theresa May sur la relation future de son pays avec l'UE ont entraîné la démission de deux de ses ministres, Boris Johnson et David Davis, partisans d'un "hard brexit".

Peut-il y avoir un face-à-face dans le camp conservateur ? C'est l'une des questions auxquelles répond Sophie Pedder, responsable à Paris du bureau de l'hebdomadaire The Economist.

Le fossé n'est pas nouveau

Il remonte à deux ans rappelle Sophie Pedder, entre "ceux qui veulent couper tous les liens avec l'Union européenne, et ceux qui souhaitent rester aussi près que possible de l'UE, sans en être membres".

Ce qui a ravivé cette opposition, c'est la proposition de Mme May de conclure un accord de libre-échange avec l'Union européenne portant sur les marchandises, avec la mise en place d'une union douanière spéciale. La première ministre britannique exclut la libre-circulation des personnes et des services.

Il n'est pas sûr que cette vision soit partagée par les états membres de l'UE et par les négociateurs de Bruxelles, "il est même peu probable que les Européens acceptent cette proposition", selon Sophie Pedder parce que le principe de libre-circulation n'est pas pris en compte.

Dans les capitales européennes et à Bruxelles, on a rappelé à plusieurs reprises qu'on ne pouvait être dans le Marché unique, sans respecter les règles de l'UE : la libre-circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux. Il serait difficile de "faire une Europe à la carte".

Sur le plan intérieur, Theresa May pourrait faire l'objet d'une motion de défiance

Elle pourrait être présentée au Parlement par les conservateurs hostiles à un "Brexit modéré". Des journaux de la presse européenne prévoient même des élections anticipées au Royaume-Uni, mais c'est encore prématuré.

Sur le calendrier : le retrait du Royaume-Uni aura lieu le 29 mars 2019, mais il y aura une période transitoire jusqu'au 31 décembre 2020. Durant cette période, les britanniques contribueront au budget européen mais ne prendront pas part aux décisions. Ils ne siégeront plus au Conseil et abandonneront leurs sièges au Parlement européen.

Pourquoi contribuer au budget ?

Parce que le Royaume-Uni est partie prenante du cadre financier pluriannuel de l'UE allant de 2014 à 2020. Pour ces sept années, il s'était donc engagé sur les recettes et les dépenses.

L'accord de retrait sera finalisé en octobre 2018, et on attend au même moment une déclaration politique sur la relation future (pour après-2020) entre les britanniques et l'UE. Cette sur cette relation que Mme May a fait ses premières propositions cette semaine, mais tout reste à négocier.

Theresa May, suivi du président du Conseil européen Donald Tusk, le 25 juin 2018, au 10 Downing Street, à Londres, au Royaume-Uni.
Theresa May, suivi du président du Conseil européen Donald Tusk, le 25 juin 2018, au 10 Downing Street, à Londres, au Royaume-Uni. (LEON NEAL / AFP)