Micro européen, France info

Micro européen. Boris, un prénom ? Pas seulement !

À quelques semaines du Brexit fin octobre, le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé, mercredi 28 août dernier, la suspension du Parlement, entre la deuxième semaine de septembre et le 14 octobre. 

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(TOBIAS SCHWARZ / AFP)

Bientôt la fin des magasins de porcelaine en Angleterre ? Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, défraie une nouvelle fois la chronique. À quelques semaines de la date du Brexit fin octobre, il a annoncé mercredi dernier la suspension du Parlement, entre la deuxième semaine de septembre et le 14 octobre.

Coup de force pour les uns, irresponsabilité pour les autres

On est en droit de se demander qui est Boris Johnson. Boris ? Lequel ? Présenté par un diminutif "BoJo", il n’est pas le "Bojo" des Beatles et bien loin du temps où Carnaby Street faisait souffler un vent ivre de liberté et de musique en Europe. Le "BoJo" 2019 est plutôt un courant d’air qui secoue le Royaume-Uni et l’ensemble de l’Union européenne.

Souvent clown, et présenté ainsi à la télévision britannique, le Premier ministre britannique ne fait plus rire personne, surtout dans son camp politique, les "Tories", les conservateurs. En cette fin d’été, où la saison est toujours agréable au Royaume-Uni, Boris Johnson vient de déclencher l’arrivée du "smog", ce mélange de brouillard et de fumée, bien décrit par nombre d’auteurs outre-Manche. On tousse sur le continent, et on prend froid en Angleterre. "Bon sang ne saurait mentir", vraiment ?

L'envie du pouvoir et de "lumière" depuis son enfance

Roi du flou politique et des déclarations à l’emporte-pièce, Boris Johnson est avant tout un opportuniste qui surfe sur la vague du Brexit dans une Grande-Bretagne où personne ne se reconnaît plus dans ce qui était avant un pays, dirigé par des gens sérieux, pragmatiques et surtout flegmatiques.

Se prenant pour l’héritier de Winston Churchill, Boris Johnson n’a ni la trempe, ni surtout le courage du "Lion", mais comme tous les enfants de la classe dirigeante, Boris est passé par la prestigieuse école d’Eton, comme David Cameron, son cousin, "le beau" Brummel, Winston Churchill (le petit-fils), Ian Flemming, le père de James Bond, Ed Llewellyn, l’actuel ambassadeur britannique à Paris, Aldous Huxley ou George Orwell. Ainsi, Eton est l’école de l’élite britannique, mais en 1140 Henri VI d’Angleterre, le fondateur de l’école,  n’aurait jamais pu imaginer qu’un certain "BoJo" y entre un jour.

Un pur produit de la classe conservatrice

Boris Johnson est aussi un pur produit de la classe conservatrice britannique qui se veut proche de tout ce qui est en-dessous d’elle du moment qu’il s’agisse de Britanniques. Ainsi l’ancien maire de Londres, Boris Johnson, s’était fait remarqué par sa volonté de renforcer les transports en commun, la création de pistes cyclables et de bicyclettes en libre-service, les "Boris Bike".

Ancien journaliste "remercié" par le prestigieux magazine The Spectator, Boris Johnson a toujours été en mal de "lumière". Ce n’est pas un homme qui souhaite vivre à l’ombre, même si sa vie privée est, elle, bien préservée, malgré les rumeurs persistantes du "Donjuanisme" de "BoJo".

Sa lignée familiale est à l’image de l’histoire du Royaume-Uni

Descendant du roi George II, on compte, côté paternel, un ministre de l’intérieur ottoman, Ali Kemal, marié à une Anglo-Suisse, et Irène Williams, franco-anglaise, descendante d'une fille illégitime du prince Paul-Charles de Wurtenberg. Ainsi, Boris, par la branche de George II, est lié à de nombreuses familles royales européennes. Autant dire que pour la reine Elisabeth II, il ne manquait plus que lui au 10 Downing street...

Enfin côté paternel et maternel, des postes dans les institutions européennes ont été occupés par des membres de la famille de Boris. Ici n’ont plus, "BoJo" n’est pas un novice, et tout le monde se souvient de son passage à Bruxelles, comme journaliste et surtout propagandiste.

Sait-il vraiment ce qu’il veut réellement ? 

Alors ? Alors, hormis le fait que "BoJo" a toujours cherché la gloire et une forme de reconnaissance, tout le monde est bien du même avis ; sait-il vraiment ce qu’il veut réellement ? Sauf qu’aujourd’hui, il s’agit de l’avenir du Royaume-Uni. Espérons que Boris ne fera pas fuir les corbeaux de la Tour de Londres, car suivant la légende, leur départ signifierait la chute de la monarchie britannique.
Donc, à l’ère "BoJo", tout le monde retient son souffle sur les bords de la Tamise.        

(TOBIAS SCHWARZ / AFP)