Le conflit russo-ukrainien, une nouvelle épreuve pour le peuple grec

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Avec un début de pénurie, des restrictions à venir et la hausse des prix, les Grecs redescendent dans les rues d’Athènes pour exprimer leur colère.

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Radio France
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  (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

Comment va la Grèce aujourd’hui ? La réponse de notre invitée, la journaliste grecque Maria Denaxa, est directe : elle va mal . Après la crise financière de 2008, qui a ruiné le pays donc le peuple, après la crise du Covid-19 et avec aujourd’hui la guerre en Ukraine, la Grèce subit depuis plus d’une décennie des chocs successifs qui plongent le pays au bord de la pauvreté.

Avec un début de pénurie, des restrictions à venir et la hausse des prix - entre autres - de l’énergie, dues au conflit russo-ukrainien, les Grecs ne sont pas au bout de leurs peines. Le salaire moyen est de 300 ou 400 euros. Aujourd’hui, les Grecs redescendent dans les rues d’Athènes pour exprimer leur colère.

Accalmie turque pour l’instant

Pour l’heure, le président turc Recep Tayyip Erdoğan s’est replacé dans l’actualité mondiale en faisant valoir son appartenance à l’Otan, apparaissant comme médiateur dans des négociations de paix entre l’Ukraine et la Russie. L’occasion pour lui de redorer le blason de son pouvoir à une année des élections législatives et présidentielles turques, et surtout à l’aube du centenaire de la fondation de la République turque, en 2023.

Ainsi, Recep Tayyip Erdoğan a laissé de côté ses visées sur des îles grecques de la mer Egée, et des forages gaziers dans les zones économiques, exclusives, grecques et chypriotes. Pour Maria Denaxa, il s’agit d’une accalmie pour la Grèce. Des négociations tripartites, Grèce-Chypre-Turquie seraient envisagées concernant les forages.

Orthodoxie et conflit ukrainien

Peuple orthodoxe, les Grecs se sentent concernés par le conflit russo-ukrainien. Tout d’abord parce que des Grecs étaient installés en Russie et en Ukraine sur les bords de la mer Noire depuis fort longtemps, comme à Marioupol (Marioupolis en grec), ensuite parce qu’une partie des Ukrainiens sont orthodoxes, tout comme les Russes, ce qui fait réagir en Grèce pour une résolution rapide d’un conflit entre peuples frères. Mais ce conflit fait réapparaître des divergences et des tensions entre les différents patriarcats orthodoxes.

À noter que de nombreux Russes ont investi et se sont installés en Grèce et à Chypre, et que de nombreux Ukrainiens et Ukrainiennes travaillent en Grèce. Cette zone de Méditerranée orientale orthodoxe est une mosaïque fragilisée par la guerre.

Et l’Union européenne dans tout ça ?

Si les Grecs se souviennent durant la crise financière de la dureté des autorités de Bruxelles avec la Troïka, ainsi que celle d’Angela Merkel, ils ne sont pas prêts de l’oublier. La position de Bruxelles envers le conflit actuel et les sanctions imposées à la Russie inquiètent les consommateurs grecs qui y voient une nouvelle fois un signe d’appauvrissement. Pour Maria Denaxa, les Grecs se sentent comme des Européens trahis. Quant au gouvernement grec, il rembourse sa dette de 1,85 milliards d’euros au FMI avec deux ans d’avance, mais à quel prix pour les Grecs ?

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