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Mémoire d'Info. Grégoire Margotton et la mort de Nelson Mandela : "Il m'a touché par ses paroles, et surtout par ses actes"

Pour ses trente ans, franceinfo a demandé à des personnalités de la culture et des médias de raconter l'info qui les a marquées ces trente dernières années. Le journaliste Grégoire Margotton se souvient de la mort de Nelson Mandela en 2013.

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Le portrait de Nelson Mandela porté par la foule, en signe de respect après la mort de l\'ancien président sud-africain.
Le portrait de Nelson Mandela porté par la foule, en signe de respect après la mort de l'ancien président sud-africain. (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

Grégoire Margotton, journaliste sportif depuis 2016 le monsieur foot de TF1, s'est arrêté sur le 5 décembre 2013. Ce jour-là, ou plutôt "toute cette semaine-là", Grégoire Margotton a vécu la mort de Nelson Mandela comme celle d'un proche. 

Grégoire Margotton se souvient "d'une très longue attente". Le journaliste était en France mais il a traversé cette épreuve comme s'il était tout près de l'ancien président sud-africain. "J'ai accompagné la fin de vie, comme les trente dernières années de Nelson Mandela" s'émeut Grégoire Margotton.

Le poing levé de Nelson Mandela à sa libération de prison en 1990

Durant toute sa carrière, Nelson Mandela a fait partie des grands moments de la vie du commentateur sportif. "J'étais en Angleterre, à Liverpool, quand j'avais 20 ans. En février 1990, Mandela est libéré. je m'en souviens très bien et c'était encore plus fort qu'en France : les images en direct à la BBC, le poing levé de Nelson Mandela avec sa femme Winnie à la sortie de Robben Island, la prison où il est resté enfermé 27 ans". 

Grégoire Margotton, journaliste spécialiste football de TF1 
Grégoire Margotton, journaliste spécialiste football de TF1  (PHILIPPE RENAULT / MAXPPP)

Grégoire Margotton a grandi professionnellement et humainement au contact de la légende sud-africaine. "J'avais beaucoup lu, assisté à des concerts, pleuré même sur des chansons". La lutte de l'ANC (Congrès national africain, dirigé par Nelson Mandela) et l'apartheid passionnent Grégoire Margotton, comme "toute l'histoire de ce pays, de Steve Biko à Frederik De Klerk".

En 1996, Grégoire Margotton, alors journaliste pour Canal plus, se rend enfin en Afrique du Sud pour couvrir la Coupe d'Afrique des Nations pendant plus d'un mois. Une grande émotion pour le commentateur : "Pour la finale, j'ai vu Mandela, dans le grand stade de Johannesbourg, là même où 25 ans après il y aura son éloge funèbre". Grégoire Margotton, alors que l'Afrique du Sud remporte la compétition devant Mandela, y voit un signe du destin. "Il avait déjà participé à la victoire des rugbymen sud-africains en Coupe du monde un an plus tôt (en 1995), mais c'était l'Afrique du Sud  blanche. Là, 98% du stade était noir. Nelson Mandela était parmi les siens". 

Je n'ai pas connu Gandhi, j'étais trop jeune. Mais j'ai connu Nelson Mandela...

Grégoire Margotton

à franceinfo

Nelson Mandela a tellement empreint Grégoire Margotton, qu'un de ses fils portent le prénom Nelson. "Ce n'est pas le seul à m'avoir marqué, mais Mandela m'a touché, pas seulement par ses paroles, mais avant tout par ses actes". Le journaliste, qui a visité la cellule de Mandela sur Robben Island, n'en revient toujours pas. "Peut-on imaginer vivre 27 ans dans une si petite cellule ? Puis pardonner comme il l'a fait ? Et enfin laisser le pouvoir aux autres". Des questions qui continuent de fasciner Grégoire Margotton.

Nelson Mandela, le 25 février 1990.
Nelson Mandela, le 25 février 1990. (TREVOR SAMSON / AFP)

>> Quelle actualité vous a particulièrement marqué ces trente dernières années ? A l’occasion du 30e anniversaire de franceinfo, Guy Birenbaum a posé la question à des personnalités de la culture et des médias. Ils évoquent une date, un événement marquant ou vécu de ces trente dernières années. 

Le portrait de Nelson Mandela porté par la foule, en signe de respect après la mort de l\'ancien président sud-africain.
Le portrait de Nelson Mandela porté par la foule, en signe de respect après la mort de l'ancien président sud-africain. (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)