"Aucun ours" de Jafar Panahi : la liberté par le cinéma

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Lorrain Sénéchal évoque les sorties cinéma de la semaine avec Thierry Fiorile et Matteu Maestracci : "Aucun ours" du cinéaste iranien emprisonné Jafar Panahi, "Les Miens" de Roschdy Zem et "Saint-Omer" de Alice Diop.

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Jafar Panahi (ARP sélection)

Aucun ours est le dixième film de Jafar Panahi, cinéaste multi récompensé, inlassable opposant au régime iranien, arrêté une première fois en 2010, puis assigné à résidence, libéré mais avec interdiction de filmer et de quitter le pays, il est depuis juillet dernier incarcéré pour purger une peine de 6 ans de prison.

Dans Aucun ours, comme dans ses précédents films, il se met en scène, entre fiction et documentaire, dans un village proche de la frontière turque, dirigeant à distance son équipe de tournage qui, elle, est en Turquie. C'est une mise en abîme implacable de sa vie de cinéaste, car évidemment, même avec un incroyable courage, faire ce film est aussi compliqué que dangereux.

Les relations avec ses acteurs qui veulent fuir en Europe, avec les villageois qui se méfient de cet homme venu de Téhéran, une histoire de frontières, dans laquelle, avec une honnêteté sans faille, il ne s'épargne pas.

Les Miens de Roschdy Zem

C'est le sixième film de Roschdy Zem en tant que réalisateur, et le plus autobiographique, puisqu'il nous raconte ce qui est vraiment arrivé à son jeune frère, un accident et une hémorragie cérébrale qui transforment une personne douce et aimable en quasi légume, balançant des méchancetés en apparence, mais finalement tout ce qu'il pense sans filtre, aux autres membres de sa famille. Roschdy Zem, au-delà de sa propre histoire voulait aussi parler de handicap.

Saint Omer de Alice Diop

Grand prix du jury et prix du premier film à la dernière Mostra de Venise, Saint Omer est adapté d'une histoire vraie : le procès aux assises d'une jeune mère sénégalaise vivant à Paris, accusée d'avoir causé la mort de sa fille de 15 mois, en l'abandonnant sur une plage du nord de la France à marée montante.

Fascinée par cette affaire, par cette femme cultivée qui pour expliquer son geste parle de maraboutage, Alice Diop suit le procès et décide de faire ce film. On y voit son alter ego, une romancière, enceinte, qui va à Saint-Omer, aux assises, pour tenter de comprendre ce crime. La réalisatrice mêle à ce récit des éléments personnels, sa propre histoire de fille d'immigrés sénégalais, qui nous avait séduit dans son dernier documentaire Nous, mais là, franchement, elle nous perd. Ou plutôt nous laisse à distance, faute de ligne claire dans la direction de ses actrices.

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