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Catherine Le Gall : "Les emprunts toxiques de Dexia étaient des cadeaux empoisonnés"

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La banque Dexia a vendu des emprunts toxiques à des collectivités locales dans toute la France : communes, départements, hôpitaux, organisme de HLM, se sont endettés et parfois sans s'en apercevoir. Aujourd'hui, ils se retrouvent coincés. Catherine Le Gall est l'auteur avec Nicolas Cori, de "Dexia, une banque toxique", aux éditions La Découverte.
Article rédigé par
Radio France
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Un emprunt toxique est un prêt qui semble intéressant au
départ mais qui s'avère être parfois dangereux. Dexia a proposé aux collectivités
locales un prêt en deux phases : une première à un taux très bas, et une
deuxième qui peut durer jusqu'à 30 ans et durant laquelle le taux d'intérêt est
indexé sur des formules complexes. Les taux d'intérêt peuvent monter jusqu'à 40%.

"Au milieu des années 90, J.P. Morgan (banque d'investissement
américaine) voulait percer sur le marché des collectivités locales. Pour cela, elle
invente un prêt structuré qu'elle propose à Dexia. Dexia ayant un problème de
rentablité accueille J.P. Morgan à bras ouverts pour pouvoir coiffer la
concurrence et retrouver des marges,
" explique Catherine Le Gall.

Dexia va voir les élus et leur explique que ce prêt est très
intéressant car indexé sur des indices qui restent stables. Beaucoup d'élus adhérent
au concept, car il leur permet, dans un premier temps, de faire des économies. Ils vont vite déchanter.

"Il y a eu une première alerte en 2007, mais personne
n'a rien dit. Mais cela a vraiment mal tourné en  2011 sur un produit particulier dont le taux
d'intérêt était indexé sur une parité euros-francs suisses. Les taux d'intérêts
ont explosé et tout le monde s'est rendu compte que c'était un cadeau
empoisonné.
"

Depuis 2008, la banque ne doit sa survie qu'au soutien des
États belges et français. De leur côté, les collectivités locales concernées se retrouvent en difficulté et doivent reporter des projets (crèche, transport...). Certaines ont engagé des actions en justice contre Dexia. Pour Catherine Le Gall, au bout du compte c'est bien l'Etat et donc le contribuable qui voleront au secours de ces collectivités.

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