VRAI OU FAUX. Y a-t-il vraiment eu 43 000 disparitions d'enfants en France en 2022 ?

Selon de nombreux utilisateurs de Twitter, Facebook et TikTok, il y a eu 43 000 disparitions de mineurs en 2022 en France.
Article rédigé par Mathilde Bouquerel
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Battue dans les Alpes de Haute-Provence le 11 juillet 2023 pour retrouver Emile, un petit garçon disparu du hameau du Haut Vernet (CAMOIN ERIC / MAXPPP)

Alors que de nouvelles battues sont organisées vendredi 29 septembre pour retrouver la jeune Lina, 15 ans, qui a disparu samedi 23 septembre dans le Bas-Rhin, de nombreux utilisateurs de Twitter, Facebook, TikTok partagent un chiffre frappant : 43 000 disparitions de mineurs en 2022. Ce n'est pas la première fois que ce chiffre est évoqué sur les réseaux sociaux, en réalité il ressort un peu à chaque disparition d'enfant ou d'adolescent.

Ce chiffre de 43 000 est exact, mais pas la façon dont il est présenté. D'abord, il ne s'agit pas du nombre de disparitions mais du nombre de signalements de disparition à la police et la gendarmerie. 
Autrement dit : si un enfant ou un adolescent disparait dix fois, il y aura dix signalements de disparition. Ce chiffre de 43 000 vient d'un rapport publié l'année dernière par la fondation Droit d'enfance qui gère le 116 000, le numéro d'écoute et de soutien des familles d'enfants disparus.

95% des signalements de disparition sont des fugues

De plus, sur les 43 202 disparitions exactement, 41 518 (soit 95%) sont des fugues, c'est-à-dire que l'enfant ou l'adolescent a quitté volontairement son domicile. Et parmi ces fugueurs, 90% d'entre eux sont retrouvés selon Julien Landureau, responsable communication à la fondation Droit d'enfance, la plupart dans les jours ou les semaines qui viennent. Dans le cas de Lina, on parle d'une "disparition inquiétante", une situation qui représente moins de 5% des signalements. Ce sont des cas dans lesquels le mineur est en danger immédiat : par exemple s'il est parti avec une personne dangereuse ou qu'il a coupé tout contact avec son entourage.

Pour autant, il ne faut pas minimiser l'impact d'une fugue sur un mineur. Julien Landureau explique que quand un enfant ou un adolescent fugue, surtout s'il le fait plusieurs fois, c'est le signe d'un mal-être. Cela peut être dû à du harcèlement scolaire, un questionnement sur sa sexualité ou des violences intra-familiales. Il sera donc très important d'accompagner psychologiquement le jeune fugueur.

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