Présidentielle 2022 : on a vérifié trois déclarations de candidats sur les questions de police et de justice

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Jusqu'au 1er tour de l'élection présidentielle, le 10 avril prochain, le "Vrai du Faux" passe au crible les déclarations des candidats sur les grandes thématiques du débat public. Lundi 4 avril : on se pencher sur la police et la justice avec Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Yannick Jadot. 

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Radio France
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Le tribunal de Valence. (Illustration). (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS)

C'est un thème qui revient à chaque présidentielle : les questions liées à la police et à la justice. La cellule Vrai du faux fait le tour des déclarations de trois candidats depuis le début de la campagne. 

"Les peines de moins d'un an ne sont pas exécutées"

On commence avec Valérie Pécresse, la candidate Les Républicains trouve que trop de personnes condamnées échappent à la prison : "Aujourd'hui, les peines de moins d’un an sont quasiment systématiquement aménagées, on ne les exécute plus." C'est plutôt faux. L'aménagement de peine dont parle Valérie Pécresse existe bien, il prévoit que les peines de moins de six mois doivent être aménagées et que les peines entre six et douze mois peuvent l'être, mais ce n'est pas systématique. Si la justice considère que les conditions ne sont pas remplies, la personne ira bien en prison.

D'ailleurs, si on regarde les derniers chiffres de l'Administration pénitentiaire, on peut y lire que sur les quelques 47 000 détenus condamnés actuellement en cellule, un peu plus de 12 000 ont écopé d'une peine de moins d'un an qu'ils purgent donc bien derrière les barreaux.

"60% du travail des magistrats administratifs concerne les étrangers"

Marine Le Pen dénonçait en meeting l'engorgement des tribunaux administratifs, notamment à cause de l'immigration : "Pensez que 60 % du travail des magistrats administratifs concerne les étrangers."

C'est faux et c'est même nettement moins, d'après le dernier rapport du Conseil d'Etat, qui rend compte chaque année de l'activité des juridictions administratives. En 2020, 37% des dossiers enregistrés au tribunal administratif concernaient des étrangers. En appel, c'est un peu plus de 50% et à peine 15% devant le Conseil d'Etat. En clair, le droit des étrangers est bien le premier dossier traité dans les juridictions administratives mais il ne représente pas la majorité des affaires. 

"Les personnes noires et arabes ont cinq fois plus de risques d'être contrôlées" 

Yannick Jadot, le candidat écologiste, évoque les contrôles d'identité parfois discriminants. "Vous savez que le Défenseur des droits lui-même a dit que si vous êtes noir ou arabe, vous avez cinq fois plus de risques d'être contrôlé, ça choque et c'est indigne pour toute une partie de notre jeunesse."

C'est vrai, l'enquête du Défenseur des droits publiée en 2017 disait bien que les hommes perçus comme noirs ou arabes sont cinq fois plus concernés par les contrôles d'identité fréquents. C'est même encore pire si la personne a moins de 25 ans. Dans ce cas, le risque d'un contrôle est multiplié par 20. 

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